Santé chronique

Alimentation et digestion : la base de la santé animale

Et si l’une des premières choses à regarder pour soutenir la santé de ton animal se trouvait simplement… dans son bol?

4 min de lecture

Illustration d’article du blogue Mon Vet Nature

Dre Eliane Marquis

Un chiot corgi assis face à sa propriétaire, dans un sous-bois

Et si l’une des premières choses à regarder pour soutenir la santé de ton animal se trouvait simplement… dans son bol? 🥩


Quand un problème apparaît, notre premier réflexe est souvent de chercher ce qu’on pourrait ajouter : un supplément, un probiotique, une plante, une vitamine ou un traitement.


Pourtant, avant de chercher ce qu’on pourrait ajouter, j’aime revenir à une question beaucoup plus simple : qu’est-ce que cet animal mange tous les jours?


Parce qu’un supplément donné occasionnellement ne remplacera jamais ce qui se trouve dans son bol matin et soir, pendant des années.

L’alimentation, c’est cette exposition quotidienne qui fournit à l’organisme les protéines, les lipides, les vitamines, les minéraux, les fibres et l’énergie dont il a besoin pour fonctionner.

Et c’est précisément pour cette raison que je la considère comme l’un des premiers piliers de la santé animale.


Tout ne se résume pas à une liste d’ingrédients

Lorsqu’on choisit une nourriture, il est tentant de retourner le sac et de simplement regarder les premiers ingrédients.

Mais la qualité d’une alimentation est beaucoup plus complexe.

Sa formulation, sa densité énergétique, sa digestibilité, la qualité et la quantité de ses nutriments, son degré de transformation et, surtout, son adaptation aux besoins réels de l’animal doivent être considérés ensemble.

Les aliments secs, par exemple, subissent généralement différents procédés de cuisson et de transformation. La chaleur permet notamment de rendre l’aliment sécuritaire et stable, mais elle entraîne aussi différentes réactions chimiques.

Parmi celles-ci, on retrouve la formation de produits avancés de glycation, mieux connus sous le nom d’AGE. Ces composés font actuellement l’objet de recherches en raison de leurs interactions possibles avec le stress oxydatif et certains mécanismes inflammatoires.


Cela ne signifie pas qu’une croquette est automatiquement « mauvaise » ou qu’un animal qui en mange développera nécessairement une maladie.

La réalité est beaucoup plus nuancée.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est de comprendre ce que l’animal mange, en quelle quantité, dans quel contexte et si cette alimentation correspond réellement à ses besoins.


Un petit surplus répété chaque jour finit par compter

Prenons un chien qui bouge relativement peu.

Son alimentation est complète et équilibrée, mais elle est très dense en calories. On lui donne sa portion un peu généreusement, puis quelques gâteries pendant la journée. Un morceau tombe pendant le souper. Une petite récompense avant le coucher.

Pris séparément, rien de tout cela ne semble important.

Mais répété 365 jours par année, le portrait change.

Lorsque l’apport énergétique dépasse régulièrement les besoins de l’animal, le poids peut progressivement augmenter. Et l’excès de tissu adipeux n’est pas seulement une question esthétique : il s’agit d’un tissu biologiquement actif qui peut participer à différents mécanismes inflammatoires.

C’est pourquoi, avant de chercher une solution compliquée, je commence souvent par les bases.

Combien cet animal mange-t-il réellement? Quelle est sa condition corporelle? Quel est son niveau d’activité? Et à quoi ressemble son alimentation dans son ensemble? ⚖️

Ces questions peuvent sembler simples, mais elles nous apprennent énormément.


Nourrir l’animal… et son microbiome

Il y a aussi quelque chose que l’on oublie facilement lorsqu’on remplit le bol : on ne nourrit pas uniquement le chien ou le chat devant nous.

On nourrit également une partie de son microbiome. 🦠

L’intestin abrite une communauté extrêmement complexe de micro-organismes qui participent notamment à la digestion et interagissent avec le système immunitaire.

Et l’alimentation peut influencer cet écosystème.

Certaines fibres, par exemple, peuvent être utilisées par les bactéries intestinales et mener à la production de métabolites intéressants pour la santé digestive.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je trouve intéressant d’intégrer, lorsque c’est approprié pour l’animal, davantage de variété et certains aliments frais adaptés à son alimentation.

Mais il y a une nuance importante.

Ajouter du frais ne signifie pas déposer au hasard les restes du réfrigérateur dans le bol.

Un chien et un chat n’ont pas les mêmes besoins nutritionnels que nous. Certains aliments que nous consommons sont inadaptés ou même toxiques pour eux, et remplacer une portion importante d’une alimentation complète sans rééquilibrer la ration peut créer des carences à long terme.

L’idée n’est donc pas de rechercher une alimentation « parfaite ».

Il s’agit plutôt de faire des changements réfléchis.


L’alimentation peut même communiquer avec les gènes

C’est probablement l’un des aspects de la nutrition que je trouve les plus fascinants.

Pendant longtemps, on a imaginé nos gènes comme une sorte de plan complètement figé : on naît avec certaines prédispositions et c’est tout.

Aujourd’hui, on sait que la réalité est beaucoup plus dynamique.

La nutrigénomique étudie notamment les interactions entre les nutriments et l’expression des gènes. 🧬

Cela ne veut évidemment pas dire qu’un morceau de brocoli peut « désactiver le gène d’une maladie ».

Cela signifie plutôt que certains nutriments et composés alimentaires participent à des voies biologiques capables d’influencer la façon dont l’organisme fonctionne et répond à son environnement.

Et cette distinction est importante.

On ne peut pas contrôler toute la génétique de son animal avec son alimentation. Mais on peut agir sur certains facteurs de son environnement qui interagissent avec sa physiologie.

C’est une façon beaucoup plus réaliste et beaucoup plus intéressante de penser à la prévention.


Alors, faut-il complètement changer son alimentation?

Pas nécessairement.

Je préfère généralement les changements réfléchis aux transformations radicales.

Avant de modifier le bol, je regarderais d’abord l’animal qui se trouve devant moi.

Son âge. Son poids. Sa condition corporelle. Son niveau d’activité. Ses selles. Son appétit. Ses antécédents médicaux. Les médicaments qu’il reçoit. Et bien sûr, ce qu’il mange actuellement.

À partir de là, certaines améliorations peuvent parfois être étonnamment simples : mieux mesurer les portions, diminuer certaines gâteries très caloriques, travailler l’apport en fibres ou intégrer certains aliments frais appropriés.

Pour d’autres animaux, particulièrement lorsqu’une maladie est présente, l’alimentation devra être beaucoup plus précisément adaptée avec l’aide d’un vétérinaire.

Et c’est exactement ce que j’aime dans une approche intégrative : on ne cherche pas une recette universelle. On cherche ce qui est pertinent pour cet animal-là.


La santé se construit aussi dans les gestes ordinaires

On aimerait parfois qu’il existe un ingrédient extraordinaire capable de transformer la santé de nos animaux.

Mais une grande partie de la prévention est beaucoup moins spectaculaire.

Elle se construit dans les petites décisions répétées chaque jour.

Ce qu’on met dans le bol. La quantité qu’on sert. La façon dont on nourrit. L’activité physique. L’environnement. Le sommeil. Le stress. Les soins vétérinaires préventifs.

L’alimentation n’explique pas tout et elle ne peut certainement pas tout prévenir.


Mais parce qu’elle accompagne ton animal chaque jour de sa vie, elle mérite d’être l’une des premières choses auxquelles on s’intéresse lorsqu’on cherche à soutenir sa santé à long terme. 🍃


À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle

Bilan Santé

Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.

Santé chronique

Alimentation et digestion : la base de la santé animale

Et si l’une des premières choses à regarder pour soutenir la santé de ton animal se trouvait simplement… dans son bol?

4 min de lecture

Illustration d’article du blogue Mon Vet Nature

Dre Eliane Marquis

Un chiot corgi assis face à sa propriétaire, dans un sous-bois

Et si l’une des premières choses à regarder pour soutenir la santé de ton animal se trouvait simplement… dans son bol? 🥩


Quand un problème apparaît, notre premier réflexe est souvent de chercher ce qu’on pourrait ajouter : un supplément, un probiotique, une plante, une vitamine ou un traitement.


Pourtant, avant de chercher ce qu’on pourrait ajouter, j’aime revenir à une question beaucoup plus simple : qu’est-ce que cet animal mange tous les jours?


Parce qu’un supplément donné occasionnellement ne remplacera jamais ce qui se trouve dans son bol matin et soir, pendant des années.

L’alimentation, c’est cette exposition quotidienne qui fournit à l’organisme les protéines, les lipides, les vitamines, les minéraux, les fibres et l’énergie dont il a besoin pour fonctionner.

Et c’est précisément pour cette raison que je la considère comme l’un des premiers piliers de la santé animale.


Tout ne se résume pas à une liste d’ingrédients

Lorsqu’on choisit une nourriture, il est tentant de retourner le sac et de simplement regarder les premiers ingrédients.

Mais la qualité d’une alimentation est beaucoup plus complexe.

Sa formulation, sa densité énergétique, sa digestibilité, la qualité et la quantité de ses nutriments, son degré de transformation et, surtout, son adaptation aux besoins réels de l’animal doivent être considérés ensemble.

Les aliments secs, par exemple, subissent généralement différents procédés de cuisson et de transformation. La chaleur permet notamment de rendre l’aliment sécuritaire et stable, mais elle entraîne aussi différentes réactions chimiques.

Parmi celles-ci, on retrouve la formation de produits avancés de glycation, mieux connus sous le nom d’AGE. Ces composés font actuellement l’objet de recherches en raison de leurs interactions possibles avec le stress oxydatif et certains mécanismes inflammatoires.


Cela ne signifie pas qu’une croquette est automatiquement « mauvaise » ou qu’un animal qui en mange développera nécessairement une maladie.

La réalité est beaucoup plus nuancée.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est de comprendre ce que l’animal mange, en quelle quantité, dans quel contexte et si cette alimentation correspond réellement à ses besoins.


Un petit surplus répété chaque jour finit par compter

Prenons un chien qui bouge relativement peu.

Son alimentation est complète et équilibrée, mais elle est très dense en calories. On lui donne sa portion un peu généreusement, puis quelques gâteries pendant la journée. Un morceau tombe pendant le souper. Une petite récompense avant le coucher.

Pris séparément, rien de tout cela ne semble important.

Mais répété 365 jours par année, le portrait change.

Lorsque l’apport énergétique dépasse régulièrement les besoins de l’animal, le poids peut progressivement augmenter. Et l’excès de tissu adipeux n’est pas seulement une question esthétique : il s’agit d’un tissu biologiquement actif qui peut participer à différents mécanismes inflammatoires.

C’est pourquoi, avant de chercher une solution compliquée, je commence souvent par les bases.

Combien cet animal mange-t-il réellement? Quelle est sa condition corporelle? Quel est son niveau d’activité? Et à quoi ressemble son alimentation dans son ensemble? ⚖️

Ces questions peuvent sembler simples, mais elles nous apprennent énormément.


Nourrir l’animal… et son microbiome

Il y a aussi quelque chose que l’on oublie facilement lorsqu’on remplit le bol : on ne nourrit pas uniquement le chien ou le chat devant nous.

On nourrit également une partie de son microbiome. 🦠

L’intestin abrite une communauté extrêmement complexe de micro-organismes qui participent notamment à la digestion et interagissent avec le système immunitaire.

Et l’alimentation peut influencer cet écosystème.

Certaines fibres, par exemple, peuvent être utilisées par les bactéries intestinales et mener à la production de métabolites intéressants pour la santé digestive.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je trouve intéressant d’intégrer, lorsque c’est approprié pour l’animal, davantage de variété et certains aliments frais adaptés à son alimentation.

Mais il y a une nuance importante.

Ajouter du frais ne signifie pas déposer au hasard les restes du réfrigérateur dans le bol.

Un chien et un chat n’ont pas les mêmes besoins nutritionnels que nous. Certains aliments que nous consommons sont inadaptés ou même toxiques pour eux, et remplacer une portion importante d’une alimentation complète sans rééquilibrer la ration peut créer des carences à long terme.

L’idée n’est donc pas de rechercher une alimentation « parfaite ».

Il s’agit plutôt de faire des changements réfléchis.


L’alimentation peut même communiquer avec les gènes

C’est probablement l’un des aspects de la nutrition que je trouve les plus fascinants.

Pendant longtemps, on a imaginé nos gènes comme une sorte de plan complètement figé : on naît avec certaines prédispositions et c’est tout.

Aujourd’hui, on sait que la réalité est beaucoup plus dynamique.

La nutrigénomique étudie notamment les interactions entre les nutriments et l’expression des gènes. 🧬

Cela ne veut évidemment pas dire qu’un morceau de brocoli peut « désactiver le gène d’une maladie ».

Cela signifie plutôt que certains nutriments et composés alimentaires participent à des voies biologiques capables d’influencer la façon dont l’organisme fonctionne et répond à son environnement.

Et cette distinction est importante.

On ne peut pas contrôler toute la génétique de son animal avec son alimentation. Mais on peut agir sur certains facteurs de son environnement qui interagissent avec sa physiologie.

C’est une façon beaucoup plus réaliste et beaucoup plus intéressante de penser à la prévention.


Alors, faut-il complètement changer son alimentation?

Pas nécessairement.

Je préfère généralement les changements réfléchis aux transformations radicales.

Avant de modifier le bol, je regarderais d’abord l’animal qui se trouve devant moi.

Son âge. Son poids. Sa condition corporelle. Son niveau d’activité. Ses selles. Son appétit. Ses antécédents médicaux. Les médicaments qu’il reçoit. Et bien sûr, ce qu’il mange actuellement.

À partir de là, certaines améliorations peuvent parfois être étonnamment simples : mieux mesurer les portions, diminuer certaines gâteries très caloriques, travailler l’apport en fibres ou intégrer certains aliments frais appropriés.

Pour d’autres animaux, particulièrement lorsqu’une maladie est présente, l’alimentation devra être beaucoup plus précisément adaptée avec l’aide d’un vétérinaire.

Et c’est exactement ce que j’aime dans une approche intégrative : on ne cherche pas une recette universelle. On cherche ce qui est pertinent pour cet animal-là.


La santé se construit aussi dans les gestes ordinaires

On aimerait parfois qu’il existe un ingrédient extraordinaire capable de transformer la santé de nos animaux.

Mais une grande partie de la prévention est beaucoup moins spectaculaire.

Elle se construit dans les petites décisions répétées chaque jour.

Ce qu’on met dans le bol. La quantité qu’on sert. La façon dont on nourrit. L’activité physique. L’environnement. Le sommeil. Le stress. Les soins vétérinaires préventifs.

L’alimentation n’explique pas tout et elle ne peut certainement pas tout prévenir.


Mais parce qu’elle accompagne ton animal chaque jour de sa vie, elle mérite d’être l’une des premières choses auxquelles on s’intéresse lorsqu’on cherche à soutenir sa santé à long terme. 🍃


À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle

Bilan Santé

Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.

Santé chronique

Alimentation et digestion : la base de la santé animale

Et si l’une des premières choses à regarder pour soutenir la santé de ton animal se trouvait simplement… dans son bol?

4 min de lecture

Illustration d’article du blogue Mon Vet Nature

Dre Eliane Marquis

Un chiot corgi assis face à sa propriétaire, dans un sous-bois

Et si l’une des premières choses à regarder pour soutenir la santé de ton animal se trouvait simplement… dans son bol? 🥩


Quand un problème apparaît, notre premier réflexe est souvent de chercher ce qu’on pourrait ajouter : un supplément, un probiotique, une plante, une vitamine ou un traitement.


Pourtant, avant de chercher ce qu’on pourrait ajouter, j’aime revenir à une question beaucoup plus simple : qu’est-ce que cet animal mange tous les jours?


Parce qu’un supplément donné occasionnellement ne remplacera jamais ce qui se trouve dans son bol matin et soir, pendant des années.

L’alimentation, c’est cette exposition quotidienne qui fournit à l’organisme les protéines, les lipides, les vitamines, les minéraux, les fibres et l’énergie dont il a besoin pour fonctionner.

Et c’est précisément pour cette raison que je la considère comme l’un des premiers piliers de la santé animale.


Tout ne se résume pas à une liste d’ingrédients

Lorsqu’on choisit une nourriture, il est tentant de retourner le sac et de simplement regarder les premiers ingrédients.

Mais la qualité d’une alimentation est beaucoup plus complexe.

Sa formulation, sa densité énergétique, sa digestibilité, la qualité et la quantité de ses nutriments, son degré de transformation et, surtout, son adaptation aux besoins réels de l’animal doivent être considérés ensemble.

Les aliments secs, par exemple, subissent généralement différents procédés de cuisson et de transformation. La chaleur permet notamment de rendre l’aliment sécuritaire et stable, mais elle entraîne aussi différentes réactions chimiques.

Parmi celles-ci, on retrouve la formation de produits avancés de glycation, mieux connus sous le nom d’AGE. Ces composés font actuellement l’objet de recherches en raison de leurs interactions possibles avec le stress oxydatif et certains mécanismes inflammatoires.


Cela ne signifie pas qu’une croquette est automatiquement « mauvaise » ou qu’un animal qui en mange développera nécessairement une maladie.

La réalité est beaucoup plus nuancée.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est de comprendre ce que l’animal mange, en quelle quantité, dans quel contexte et si cette alimentation correspond réellement à ses besoins.


Un petit surplus répété chaque jour finit par compter

Prenons un chien qui bouge relativement peu.

Son alimentation est complète et équilibrée, mais elle est très dense en calories. On lui donne sa portion un peu généreusement, puis quelques gâteries pendant la journée. Un morceau tombe pendant le souper. Une petite récompense avant le coucher.

Pris séparément, rien de tout cela ne semble important.

Mais répété 365 jours par année, le portrait change.

Lorsque l’apport énergétique dépasse régulièrement les besoins de l’animal, le poids peut progressivement augmenter. Et l’excès de tissu adipeux n’est pas seulement une question esthétique : il s’agit d’un tissu biologiquement actif qui peut participer à différents mécanismes inflammatoires.

C’est pourquoi, avant de chercher une solution compliquée, je commence souvent par les bases.

Combien cet animal mange-t-il réellement? Quelle est sa condition corporelle? Quel est son niveau d’activité? Et à quoi ressemble son alimentation dans son ensemble? ⚖️

Ces questions peuvent sembler simples, mais elles nous apprennent énormément.


Nourrir l’animal… et son microbiome

Il y a aussi quelque chose que l’on oublie facilement lorsqu’on remplit le bol : on ne nourrit pas uniquement le chien ou le chat devant nous.

On nourrit également une partie de son microbiome. 🦠

L’intestin abrite une communauté extrêmement complexe de micro-organismes qui participent notamment à la digestion et interagissent avec le système immunitaire.

Et l’alimentation peut influencer cet écosystème.

Certaines fibres, par exemple, peuvent être utilisées par les bactéries intestinales et mener à la production de métabolites intéressants pour la santé digestive.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je trouve intéressant d’intégrer, lorsque c’est approprié pour l’animal, davantage de variété et certains aliments frais adaptés à son alimentation.

Mais il y a une nuance importante.

Ajouter du frais ne signifie pas déposer au hasard les restes du réfrigérateur dans le bol.

Un chien et un chat n’ont pas les mêmes besoins nutritionnels que nous. Certains aliments que nous consommons sont inadaptés ou même toxiques pour eux, et remplacer une portion importante d’une alimentation complète sans rééquilibrer la ration peut créer des carences à long terme.

L’idée n’est donc pas de rechercher une alimentation « parfaite ».

Il s’agit plutôt de faire des changements réfléchis.


L’alimentation peut même communiquer avec les gènes

C’est probablement l’un des aspects de la nutrition que je trouve les plus fascinants.

Pendant longtemps, on a imaginé nos gènes comme une sorte de plan complètement figé : on naît avec certaines prédispositions et c’est tout.

Aujourd’hui, on sait que la réalité est beaucoup plus dynamique.

La nutrigénomique étudie notamment les interactions entre les nutriments et l’expression des gènes. 🧬

Cela ne veut évidemment pas dire qu’un morceau de brocoli peut « désactiver le gène d’une maladie ».

Cela signifie plutôt que certains nutriments et composés alimentaires participent à des voies biologiques capables d’influencer la façon dont l’organisme fonctionne et répond à son environnement.

Et cette distinction est importante.

On ne peut pas contrôler toute la génétique de son animal avec son alimentation. Mais on peut agir sur certains facteurs de son environnement qui interagissent avec sa physiologie.

C’est une façon beaucoup plus réaliste et beaucoup plus intéressante de penser à la prévention.


Alors, faut-il complètement changer son alimentation?

Pas nécessairement.

Je préfère généralement les changements réfléchis aux transformations radicales.

Avant de modifier le bol, je regarderais d’abord l’animal qui se trouve devant moi.

Son âge. Son poids. Sa condition corporelle. Son niveau d’activité. Ses selles. Son appétit. Ses antécédents médicaux. Les médicaments qu’il reçoit. Et bien sûr, ce qu’il mange actuellement.

À partir de là, certaines améliorations peuvent parfois être étonnamment simples : mieux mesurer les portions, diminuer certaines gâteries très caloriques, travailler l’apport en fibres ou intégrer certains aliments frais appropriés.

Pour d’autres animaux, particulièrement lorsqu’une maladie est présente, l’alimentation devra être beaucoup plus précisément adaptée avec l’aide d’un vétérinaire.

Et c’est exactement ce que j’aime dans une approche intégrative : on ne cherche pas une recette universelle. On cherche ce qui est pertinent pour cet animal-là.


La santé se construit aussi dans les gestes ordinaires

On aimerait parfois qu’il existe un ingrédient extraordinaire capable de transformer la santé de nos animaux.

Mais une grande partie de la prévention est beaucoup moins spectaculaire.

Elle se construit dans les petites décisions répétées chaque jour.

Ce qu’on met dans le bol. La quantité qu’on sert. La façon dont on nourrit. L’activité physique. L’environnement. Le sommeil. Le stress. Les soins vétérinaires préventifs.

L’alimentation n’explique pas tout et elle ne peut certainement pas tout prévenir.


Mais parce qu’elle accompagne ton animal chaque jour de sa vie, elle mérite d’être l’une des premières choses auxquelles on s’intéresse lorsqu’on cherche à soutenir sa santé à long terme. 🍃


À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle

Bilan Santé

Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.