Microbiome
Microbiome et immunité : au cœur de la santé animale
Et si une partie importante du système immunitaire de ton animal se jouait là où on ne pense pas toujours à regarder : dans son intestin?
6 min de lecture

Dre Eliane Marquis

Et si une partie importante du système immunitaire de ton animal se jouait là où on ne pense pas toujours à regarder : dans son intestin?
Lorsqu’on parle d’immunité, on pense facilement aux vitamines, aux suppléments ou aux différentes façons de « renforcer les défenses naturelles ». Pourtant, avant même de chercher une solution à ajouter à la routine de son animal, il est intéressant de s’intéresser à ce qui se passe déjà à l'intérieur de son organisme.
L’intestin n’est pas simplement un tube chargé de digérer les aliments. C’est un environnement extrêmement complexe qui communique constamment avec le reste du corps. Et au cœur de cet environnement se trouve le microbiome intestinal.
Un véritable écosystème à l’intérieur de l’intestin
Le système digestif abrite une immense communauté de micro-organismes : bactéries, champignons, virus et autres microbes qui cohabitent avec l’organisme.
On parle souvent de « bonnes » et de « mauvaises » bactéries, mais la réalité est beaucoup plus nuancée. Ce qui compte surtout, c’est l’équilibre entre ces différentes populations, leur diversité et les fonctions qu’elles accomplissent.
Lorsqu’il est équilibré, cet écosystème participe à la digestion et à la production de certains métabolites, mais il interagit également étroitement avec le système immunitaire.
Une grande partie de l’activité immunitaire de l’organisme est d’ailleurs associée au système digestif. C’est logique lorsqu’on y pense : chaque jour, l’intestin doit faire la différence entre ce qui est bénéfique, ce qui est inoffensif et ce qui représente réellement une menace.
Il doit donc apprendre à tolérer certaines substances tout en restant capable de réagir lorsqu’un véritable agent pathogène se présente.
Le microbiome participe à cet équilibre.
Quand l'alimentation nourrit aussi les bactéries
Chaque repas ne nourrit pas uniquement ton animal.
Il nourrit également, directement ou indirectement, les micro-organismes présents dans son intestin.
La composition de l’alimentation peut ainsi contribuer à modifier la diversité et l’activité du microbiome. Les fibres fermentescibles, par exemple, peuvent servir de substrat à certaines bactéries intestinales qui produisent ensuite des composés intéressants pour la santé digestive.
C’est l’une des raisons pour lesquelles je préfère regarder l’alimentation dans son ensemble plutôt que de chercher systématiquement « le » supplément qui réglera tout.
On entend également beaucoup parler des probiotiques et des aliments fermentés, comme le kéfir ou certains légumes fermentés. Ils peuvent être intéressants dans certaines situations, mais naturel ne veut pas automatiquement dire approprié pour tous les animaux.
Le choix de l’aliment, sa quantité, sa composition et surtout l’état de santé de l’animal doivent toujours être considérés.
L’objectif n’est donc pas d’ajouter le plus de probiotiques possible. Il est plutôt de créer un environnement intestinal favorable à un microbiome diversifié et fonctionnel.
L’intestin ne travaille jamais seul
Ce qui me fascine particulièrement avec le microbiome, c’est qu’on découvre progressivement à quel point ses interactions dépassent le système digestif.
Les chercheurs s’intéressent notamment aux liens entre le microbiome, le système immunitaire, le métabolisme et même le système nerveux.
C’est de là que vient l’expression populaire de « deuxième cerveau ».
Elle est intéressante pour illustrer l’importance des communications entre l’intestin et le cerveau, mais elle ne signifie évidemment pas que l’intestin réfléchit. Il existe plutôt un dialogue complexe entre le système digestif, ses micro-organismes et le système nerveux.
C’est ce qu’on appelle notamment l’axe intestin-cerveau.
Cela aide à comprendre pourquoi je considère rarement un problème de santé de façon complètement isolée.
Un animal qui présente des troubles digestifs récurrents, une inflammation chronique ou certains changements dans son état général mérite qu’on regarde plus largement ce qui se passe dans son organisme.
Le microbiome peut faire partie de cette réflexion, sans nécessairement être l’unique explication.
L’environnement influence lui aussi cet équilibre
L’alimentation est importante, mais elle n’est qu’une partie de l’histoire.
Un animal évolue constamment dans un environnement qui influence sa santé : son niveau d’activité, son alimentation, certains médicaments, son milieu de vie, ses contacts avec d’autres animaux, son stress et une multitude d’autres expositions.
L’ensemble de ces influences porte un nom : l’exposome.
Ce concept m’intéresse énormément parce qu’il nous oblige à sortir d’une vision où tout serait simplement déterminé par la génétique.
Deux animaux possédant certaines prédispositions génétiques peuvent évoluer différemment selon leur mode de vie et leur environnement.
Les chiens sont d’ailleurs particulièrement intéressants pour la recherche dans ce domaine puisqu’ils partagent une grande partie de notre environnement. Des initiatives de recherche à grande échelle, comme le Dog Aging Project, étudient notamment les relations entre génétique, environnement, mode de vie et vieillissement.
On commence ainsi à mieux comprendre quelque chose que je trouve fondamental en santé intégrative : la santé est rarement le résultat d’un seul facteur.
Alors, comment prendre soin du microbiome de son animal?
Je ne commencerais pas par acheter cinq suppléments.
Je commencerais par regarder l’ensemble.
Que mange ton animal quotidiennement? Son alimentation lui convient-elle réellement? Présente-t-il régulièrement des selles molles, des gaz ou d’autres inconforts digestifs? A-t-il reçu récemment des médicaments susceptibles d’influencer son microbiote? Son environnement et son mode de vie répondent-ils bien à ses besoins?
Dans certaines situations, travailler l’apport en fibres ou intégrer certains aliments peut être pertinent. Dans d’autres, une intervention différente sera beaucoup plus appropriée.
Et lorsqu’un animal présente des symptômes digestifs persistants, une perte de poids, des vomissements fréquents ou tout autre changement inhabituel, chercher uniquement à « réparer son microbiome » à la maison risque surtout de retarder l’identification de la véritable cause.
Prendre soin de l’intestin, sans chercher de solution miracle
Plus on étudie le microbiome, plus on découvre un univers complexe.
Et je trouve justement que c’est ce qui le rend passionnant.
Prendre soin de la santé intestinale de son animal ne consiste pas à poursuivre un microbiome « parfait ». Il s’agit plutôt de favoriser les conditions qui permettent à cet écosystème de remplir adéquatement ses nombreuses fonctions.
Une alimentation adaptée, un mode de vie équilibré, un environnement favorable et des interventions choisies selon les besoins réels de l’animal peuvent tous contribuer à cet équilibre.
Parce qu’au bout du compte, prendre soin de l’intestin, ce n’est pas seulement prendre soin de la digestion.
C’est s’intéresser à l’animal dans son ensemble.
À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle
Bilan Santé
Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.
Microbiome
Microbiome et immunité : au cœur de la santé animale
Et si une partie importante du système immunitaire de ton animal se jouait là où on ne pense pas toujours à regarder : dans son intestin?
6 min de lecture

Dre Eliane Marquis

Et si une partie importante du système immunitaire de ton animal se jouait là où on ne pense pas toujours à regarder : dans son intestin?
Lorsqu’on parle d’immunité, on pense facilement aux vitamines, aux suppléments ou aux différentes façons de « renforcer les défenses naturelles ». Pourtant, avant même de chercher une solution à ajouter à la routine de son animal, il est intéressant de s’intéresser à ce qui se passe déjà à l'intérieur de son organisme.
L’intestin n’est pas simplement un tube chargé de digérer les aliments. C’est un environnement extrêmement complexe qui communique constamment avec le reste du corps. Et au cœur de cet environnement se trouve le microbiome intestinal.
Un véritable écosystème à l’intérieur de l’intestin
Le système digestif abrite une immense communauté de micro-organismes : bactéries, champignons, virus et autres microbes qui cohabitent avec l’organisme.
On parle souvent de « bonnes » et de « mauvaises » bactéries, mais la réalité est beaucoup plus nuancée. Ce qui compte surtout, c’est l’équilibre entre ces différentes populations, leur diversité et les fonctions qu’elles accomplissent.
Lorsqu’il est équilibré, cet écosystème participe à la digestion et à la production de certains métabolites, mais il interagit également étroitement avec le système immunitaire.
Une grande partie de l’activité immunitaire de l’organisme est d’ailleurs associée au système digestif. C’est logique lorsqu’on y pense : chaque jour, l’intestin doit faire la différence entre ce qui est bénéfique, ce qui est inoffensif et ce qui représente réellement une menace.
Il doit donc apprendre à tolérer certaines substances tout en restant capable de réagir lorsqu’un véritable agent pathogène se présente.
Le microbiome participe à cet équilibre.
Quand l'alimentation nourrit aussi les bactéries
Chaque repas ne nourrit pas uniquement ton animal.
Il nourrit également, directement ou indirectement, les micro-organismes présents dans son intestin.
La composition de l’alimentation peut ainsi contribuer à modifier la diversité et l’activité du microbiome. Les fibres fermentescibles, par exemple, peuvent servir de substrat à certaines bactéries intestinales qui produisent ensuite des composés intéressants pour la santé digestive.
C’est l’une des raisons pour lesquelles je préfère regarder l’alimentation dans son ensemble plutôt que de chercher systématiquement « le » supplément qui réglera tout.
On entend également beaucoup parler des probiotiques et des aliments fermentés, comme le kéfir ou certains légumes fermentés. Ils peuvent être intéressants dans certaines situations, mais naturel ne veut pas automatiquement dire approprié pour tous les animaux.
Le choix de l’aliment, sa quantité, sa composition et surtout l’état de santé de l’animal doivent toujours être considérés.
L’objectif n’est donc pas d’ajouter le plus de probiotiques possible. Il est plutôt de créer un environnement intestinal favorable à un microbiome diversifié et fonctionnel.
L’intestin ne travaille jamais seul
Ce qui me fascine particulièrement avec le microbiome, c’est qu’on découvre progressivement à quel point ses interactions dépassent le système digestif.
Les chercheurs s’intéressent notamment aux liens entre le microbiome, le système immunitaire, le métabolisme et même le système nerveux.
C’est de là que vient l’expression populaire de « deuxième cerveau ».
Elle est intéressante pour illustrer l’importance des communications entre l’intestin et le cerveau, mais elle ne signifie évidemment pas que l’intestin réfléchit. Il existe plutôt un dialogue complexe entre le système digestif, ses micro-organismes et le système nerveux.
C’est ce qu’on appelle notamment l’axe intestin-cerveau.
Cela aide à comprendre pourquoi je considère rarement un problème de santé de façon complètement isolée.
Un animal qui présente des troubles digestifs récurrents, une inflammation chronique ou certains changements dans son état général mérite qu’on regarde plus largement ce qui se passe dans son organisme.
Le microbiome peut faire partie de cette réflexion, sans nécessairement être l’unique explication.
L’environnement influence lui aussi cet équilibre
L’alimentation est importante, mais elle n’est qu’une partie de l’histoire.
Un animal évolue constamment dans un environnement qui influence sa santé : son niveau d’activité, son alimentation, certains médicaments, son milieu de vie, ses contacts avec d’autres animaux, son stress et une multitude d’autres expositions.
L’ensemble de ces influences porte un nom : l’exposome.
Ce concept m’intéresse énormément parce qu’il nous oblige à sortir d’une vision où tout serait simplement déterminé par la génétique.
Deux animaux possédant certaines prédispositions génétiques peuvent évoluer différemment selon leur mode de vie et leur environnement.
Les chiens sont d’ailleurs particulièrement intéressants pour la recherche dans ce domaine puisqu’ils partagent une grande partie de notre environnement. Des initiatives de recherche à grande échelle, comme le Dog Aging Project, étudient notamment les relations entre génétique, environnement, mode de vie et vieillissement.
On commence ainsi à mieux comprendre quelque chose que je trouve fondamental en santé intégrative : la santé est rarement le résultat d’un seul facteur.
Alors, comment prendre soin du microbiome de son animal?
Je ne commencerais pas par acheter cinq suppléments.
Je commencerais par regarder l’ensemble.
Que mange ton animal quotidiennement? Son alimentation lui convient-elle réellement? Présente-t-il régulièrement des selles molles, des gaz ou d’autres inconforts digestifs? A-t-il reçu récemment des médicaments susceptibles d’influencer son microbiote? Son environnement et son mode de vie répondent-ils bien à ses besoins?
Dans certaines situations, travailler l’apport en fibres ou intégrer certains aliments peut être pertinent. Dans d’autres, une intervention différente sera beaucoup plus appropriée.
Et lorsqu’un animal présente des symptômes digestifs persistants, une perte de poids, des vomissements fréquents ou tout autre changement inhabituel, chercher uniquement à « réparer son microbiome » à la maison risque surtout de retarder l’identification de la véritable cause.
Prendre soin de l’intestin, sans chercher de solution miracle
Plus on étudie le microbiome, plus on découvre un univers complexe.
Et je trouve justement que c’est ce qui le rend passionnant.
Prendre soin de la santé intestinale de son animal ne consiste pas à poursuivre un microbiome « parfait ». Il s’agit plutôt de favoriser les conditions qui permettent à cet écosystème de remplir adéquatement ses nombreuses fonctions.
Une alimentation adaptée, un mode de vie équilibré, un environnement favorable et des interventions choisies selon les besoins réels de l’animal peuvent tous contribuer à cet équilibre.
Parce qu’au bout du compte, prendre soin de l’intestin, ce n’est pas seulement prendre soin de la digestion.
C’est s’intéresser à l’animal dans son ensemble.
À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle
Bilan Santé
Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.
Microbiome
Microbiome et immunité : au cœur de la santé animale
Et si une partie importante du système immunitaire de ton animal se jouait là où on ne pense pas toujours à regarder : dans son intestin?
6 min de lecture

Dre Eliane Marquis

Et si une partie importante du système immunitaire de ton animal se jouait là où on ne pense pas toujours à regarder : dans son intestin?
Lorsqu’on parle d’immunité, on pense facilement aux vitamines, aux suppléments ou aux différentes façons de « renforcer les défenses naturelles ». Pourtant, avant même de chercher une solution à ajouter à la routine de son animal, il est intéressant de s’intéresser à ce qui se passe déjà à l'intérieur de son organisme.
L’intestin n’est pas simplement un tube chargé de digérer les aliments. C’est un environnement extrêmement complexe qui communique constamment avec le reste du corps. Et au cœur de cet environnement se trouve le microbiome intestinal.
Un véritable écosystème à l’intérieur de l’intestin
Le système digestif abrite une immense communauté de micro-organismes : bactéries, champignons, virus et autres microbes qui cohabitent avec l’organisme.
On parle souvent de « bonnes » et de « mauvaises » bactéries, mais la réalité est beaucoup plus nuancée. Ce qui compte surtout, c’est l’équilibre entre ces différentes populations, leur diversité et les fonctions qu’elles accomplissent.
Lorsqu’il est équilibré, cet écosystème participe à la digestion et à la production de certains métabolites, mais il interagit également étroitement avec le système immunitaire.
Une grande partie de l’activité immunitaire de l’organisme est d’ailleurs associée au système digestif. C’est logique lorsqu’on y pense : chaque jour, l’intestin doit faire la différence entre ce qui est bénéfique, ce qui est inoffensif et ce qui représente réellement une menace.
Il doit donc apprendre à tolérer certaines substances tout en restant capable de réagir lorsqu’un véritable agent pathogène se présente.
Le microbiome participe à cet équilibre.
Quand l'alimentation nourrit aussi les bactéries
Chaque repas ne nourrit pas uniquement ton animal.
Il nourrit également, directement ou indirectement, les micro-organismes présents dans son intestin.
La composition de l’alimentation peut ainsi contribuer à modifier la diversité et l’activité du microbiome. Les fibres fermentescibles, par exemple, peuvent servir de substrat à certaines bactéries intestinales qui produisent ensuite des composés intéressants pour la santé digestive.
C’est l’une des raisons pour lesquelles je préfère regarder l’alimentation dans son ensemble plutôt que de chercher systématiquement « le » supplément qui réglera tout.
On entend également beaucoup parler des probiotiques et des aliments fermentés, comme le kéfir ou certains légumes fermentés. Ils peuvent être intéressants dans certaines situations, mais naturel ne veut pas automatiquement dire approprié pour tous les animaux.
Le choix de l’aliment, sa quantité, sa composition et surtout l’état de santé de l’animal doivent toujours être considérés.
L’objectif n’est donc pas d’ajouter le plus de probiotiques possible. Il est plutôt de créer un environnement intestinal favorable à un microbiome diversifié et fonctionnel.
L’intestin ne travaille jamais seul
Ce qui me fascine particulièrement avec le microbiome, c’est qu’on découvre progressivement à quel point ses interactions dépassent le système digestif.
Les chercheurs s’intéressent notamment aux liens entre le microbiome, le système immunitaire, le métabolisme et même le système nerveux.
C’est de là que vient l’expression populaire de « deuxième cerveau ».
Elle est intéressante pour illustrer l’importance des communications entre l’intestin et le cerveau, mais elle ne signifie évidemment pas que l’intestin réfléchit. Il existe plutôt un dialogue complexe entre le système digestif, ses micro-organismes et le système nerveux.
C’est ce qu’on appelle notamment l’axe intestin-cerveau.
Cela aide à comprendre pourquoi je considère rarement un problème de santé de façon complètement isolée.
Un animal qui présente des troubles digestifs récurrents, une inflammation chronique ou certains changements dans son état général mérite qu’on regarde plus largement ce qui se passe dans son organisme.
Le microbiome peut faire partie de cette réflexion, sans nécessairement être l’unique explication.
L’environnement influence lui aussi cet équilibre
L’alimentation est importante, mais elle n’est qu’une partie de l’histoire.
Un animal évolue constamment dans un environnement qui influence sa santé : son niveau d’activité, son alimentation, certains médicaments, son milieu de vie, ses contacts avec d’autres animaux, son stress et une multitude d’autres expositions.
L’ensemble de ces influences porte un nom : l’exposome.
Ce concept m’intéresse énormément parce qu’il nous oblige à sortir d’une vision où tout serait simplement déterminé par la génétique.
Deux animaux possédant certaines prédispositions génétiques peuvent évoluer différemment selon leur mode de vie et leur environnement.
Les chiens sont d’ailleurs particulièrement intéressants pour la recherche dans ce domaine puisqu’ils partagent une grande partie de notre environnement. Des initiatives de recherche à grande échelle, comme le Dog Aging Project, étudient notamment les relations entre génétique, environnement, mode de vie et vieillissement.
On commence ainsi à mieux comprendre quelque chose que je trouve fondamental en santé intégrative : la santé est rarement le résultat d’un seul facteur.
Alors, comment prendre soin du microbiome de son animal?
Je ne commencerais pas par acheter cinq suppléments.
Je commencerais par regarder l’ensemble.
Que mange ton animal quotidiennement? Son alimentation lui convient-elle réellement? Présente-t-il régulièrement des selles molles, des gaz ou d’autres inconforts digestifs? A-t-il reçu récemment des médicaments susceptibles d’influencer son microbiote? Son environnement et son mode de vie répondent-ils bien à ses besoins?
Dans certaines situations, travailler l’apport en fibres ou intégrer certains aliments peut être pertinent. Dans d’autres, une intervention différente sera beaucoup plus appropriée.
Et lorsqu’un animal présente des symptômes digestifs persistants, une perte de poids, des vomissements fréquents ou tout autre changement inhabituel, chercher uniquement à « réparer son microbiome » à la maison risque surtout de retarder l’identification de la véritable cause.
Prendre soin de l’intestin, sans chercher de solution miracle
Plus on étudie le microbiome, plus on découvre un univers complexe.
Et je trouve justement que c’est ce qui le rend passionnant.
Prendre soin de la santé intestinale de son animal ne consiste pas à poursuivre un microbiome « parfait ». Il s’agit plutôt de favoriser les conditions qui permettent à cet écosystème de remplir adéquatement ses nombreuses fonctions.
Une alimentation adaptée, un mode de vie équilibré, un environnement favorable et des interventions choisies selon les besoins réels de l’animal peuvent tous contribuer à cet équilibre.
Parce qu’au bout du compte, prendre soin de l’intestin, ce n’est pas seulement prendre soin de la digestion.
C’est s’intéresser à l’animal dans son ensemble.
À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle
Bilan Santé
Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.