Mode de vie

Santé de l’environnement et charge toxique : ce qu’on ne voit pas compte aussi

Quand on pense à la santé de son animal, on regarde généralement ce qu’il y a dans son bol, son poids, son activité physique ou ses soins vétérinaires.

6 min de lecture

Illustration d’article du blogue Mon Vet Nature

Dre Eliane Marquis

Quand on pense à la santé de son animal, on regarde généralement ce qu’il y a dans son bol, son poids, son activité physique ou ses soins vétérinaires.

Mais rarement ce qu’il y a… sur le plancher de la cuisine.

Pourtant, ton animal vit dans le même environnement que toi. Il respire le même air, marche sur les mêmes surfaces et entre en contact avec une multitude de substances présentes dans son quotidien.

Produits ménagers, pesticides, fumée, poussière, matériaux, parfums d’ambiance, contaminants présents dans l’eau ou l’alimentation…

Impossible et inutile de chercher à vivre dans un environnement complètement dépourvu de substances chimiques.

Mais certaines expositions peuvent être réduites.

Et c’est là que ça devient intéressant. 🍃


Imagine simplement une journée dans la peau de ton animal

Tu nettoies le plancher.

Quelques minutes plus tard, ton chat traverse la pièce.

Il marche directement sur cette surface avec ses coussinets, puis va s’installer confortablement sur le canapé. Un peu plus tard, il fait sa toilette et lèche consciencieusement ses pattes.

Ou imagine ton chien pendant une promenade.

Il marche dans l’herbe, renifle le sol, se couche quelques minutes dans un parc, puis rentre à la maison. Il se lèche ensuite les pattes.

Ces comportements sont parfaitement normaux.

Mais ils nous montrent quelque chose d’important : les voies d’exposition de nos animaux ne sont pas toujours les mêmes que les nôtres.

Ils sont beaucoup plus près du sol que nous. Ils explorent énormément leur environnement avec leur nez et leur bouche. Ils marchent directement sur les surfaces et plusieurs espèces consacrent une partie importante de leur journée au toilettage.

Une substance déposée sur une surface peut donc éventuellement se retrouver sur leurs pattes, leur pelage… puis être ingérée.


Tout est une question d’exposition

Lorsqu’on parle de « toxines », le mot peut rapidement devenir inquiétant.

J’aime mieux parler d’exposition environnementale.

Parce qu’une substance n’a pas automatiquement le même effet dans toutes les situations.

La dose compte.

La fréquence compte.

La durée de l’exposition compte.

La voie par laquelle l’animal est exposé compte également.

Et bien sûr, l’animal lui-même compte : son espèce, son poids, son âge et son état de santé peuvent modifier sa vulnérabilité à certaines substances.

C’est d’ailleurs un principe fondamental en toxicologie : ce n’est pas uniquement la présence d’une substance qui détermine le risque, mais aussi les conditions dans lesquelles l’exposition se produit. 🔬

Cette nuance est importante.

L’objectif n’est donc pas de devenir inquiet devant chaque produit présent dans la maison. Il s’agit plutôt d’identifier les expositions évitables sur lesquelles on peut raisonnablement agir.


Nos animaux peuvent aussi nous renseigner sur notre environnement

Il existe un concept que je trouve particulièrement intéressant lorsqu’on parle de santé environnementale : l’exposome.

L’exposome représente l’ensemble des expositions auxquelles un individu est confronté au cours de sa vie.

L’air qu’il respire.

Son alimentation.

Les produits présents dans son environnement.

Son milieu de vie.

Son activité.

Et une multitude d’autres facteurs qui interagissent avec sa biologie.

Nos animaux de compagnie sont particulièrement intéressants dans ce contexte puisqu’ils partagent intimement notre environnement.

Ils vivent dans nos maisons, se promènent dans nos quartiers et sont exposés à plusieurs des mêmes facteurs environnementaux que nous.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les chiens sont étudiés dans certains projets de recherche sur les liens entre environnement, vieillissement et maladies chroniques.

La génétique raconte donc une partie de l’histoire.

L’environnement dans lequel cette génétique évolue en raconte une autre. 🧬


Réduire ce qui peut raisonnablement l’être

Alors, est-ce qu’il faut jeter tous les produits de la maison et vivre dans une bulle?

Évidemment que non.

Je préfère largement quelques changements simples et durables à une recherche impossible du « zéro toxine ».

On peut commencer par regarder les produits utilisés fréquemment dans les endroits où l’animal passe beaucoup de temps.

Après l’utilisation d’un produit nettoyant, respecter les instructions du fabricant et laisser sécher adéquatement les surfaces avant que l’animal y retourne est déjà un réflexe pertinent.

Pour les pesticides et herbicides, la même logique s’applique : respecter les précautions d’utilisation et empêcher l’accès aux zones traitées pendant la période recommandée.

Après certaines promenades, particulièrement lorsqu’on soupçonne que des surfaces ont été traitées, nettoyer les pattes peut également être un geste simple.

La fumée de cigarette et de cannabis mérite elle aussi une attention particulière. Un animal qui vit dans un environnement enfumé ne choisit pas cette exposition. Réduire la fumée dans son milieu de vie bénéficie donc autant aux humains qu’aux animaux qui y habitent.

Et lorsqu’on achète un nouveau jouet, un bol ou un accessoire, on peut simplement privilégier des produits provenant de fabricants fiables et conçus spécifiquement pour l’usage prévu.

Aucune de ces actions n’est spectaculaire.

Mais c’est justement le principe.


Naturel ne signifie pas automatiquement sécuritaire

Il y a cependant un piège important lorsqu’on cherche à créer une maison plus « saine ».

Remplacer systématiquement les produits conventionnels par des produits naturels n’est pas toujours la meilleure solution.

Les huiles essentielles en sont un excellent exemple.

Parce qu’elles proviennent de plantes, on peut facilement les percevoir comme douces ou sans danger. Pourtant, certaines peuvent être problématiques pour les animaux, particulièrement lorsqu’elles sont concentrées, ingérées, appliquées sur la peau ou diffusées dans certaines conditions.

Les chats méritent notamment une attention particulière en raison de différences dans leur capacité à métaboliser certains composés.

Même chose pour les recettes maison de produits nettoyants : naturel n’est pas synonyme d’inoffensif. 🪴

Avant d’introduire une nouvelle substance dans l’environnement de son animal, la bonne question n’est donc pas seulement « Est-ce naturel? »

C’est plutôt : est-ce sécuritaire pour mon animal et est-ce que je l’utilise correctement?


Observer son environnement autrement

Je ne crois pas qu’on puisse ni qu’on doive contrôler toutes les expositions auxquelles nos animaux seront confrontés pendant leur vie.

Mais on peut devenir plus attentif à celles qui se répètent quotidiennement.

Qu’est-ce que j’utilise régulièrement sur mes planchers?

Est-ce que mon animal est présent lorsque je vaporise certains produits?

A-t-il accès à une pelouse immédiatement après un traitement?

Est-il régulièrement exposé à de la fumée?

Les produits que j’utilise sont-ils réellement adaptés à une maison où vivent des animaux?

Ce sont de petites questions.

Mais elles nous permettent de regarder la prévention sous un angle différent.


La santé ne se trouve pas uniquement dans le bol

L’alimentation compte.

Le mouvement compte.

Les soins vétérinaires comptent.

Mais l’environnement dans lequel l’animal passe chaque journée de sa vie compte lui aussi.

L’objectif ne devrait jamais être de créer une maison parfaitement « pure » ou de vivre dans la peur des substances chimiques.

Il s’agit plutôt de comprendre que certaines expositions sont inévitables, alors que d’autres peuvent être facilement diminuées.

Et lorsqu’un changement est simple, sécuritaire et réaliste, pourquoi ne pas le faire?

Parce que prendre soin de la santé de son animal, c’est aussi regarder ce qui l’entoure même lorsque ça ne se voit pas. 🍃



À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle


Référence scientifique

Oh WS, Armstrong PJ, Han HJ. Lifestyle factors affecting aging and healthspan in dogs and cats. Journal of Veterinary Science, 2025. Consulter l’étude

Le contenu présenté ne constitue pas un avis vétérinaire et ne remplace pas une consultation adaptée à la situation particulière d’un animal.

Bilan Santé

Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.

Mode de vie

Santé de l’environnement et charge toxique : ce qu’on ne voit pas compte aussi

Quand on pense à la santé de son animal, on regarde généralement ce qu’il y a dans son bol, son poids, son activité physique ou ses soins vétérinaires.

6 min de lecture

Illustration d’article du blogue Mon Vet Nature

Dre Eliane Marquis

Quand on pense à la santé de son animal, on regarde généralement ce qu’il y a dans son bol, son poids, son activité physique ou ses soins vétérinaires.

Mais rarement ce qu’il y a… sur le plancher de la cuisine.

Pourtant, ton animal vit dans le même environnement que toi. Il respire le même air, marche sur les mêmes surfaces et entre en contact avec une multitude de substances présentes dans son quotidien.

Produits ménagers, pesticides, fumée, poussière, matériaux, parfums d’ambiance, contaminants présents dans l’eau ou l’alimentation…

Impossible et inutile de chercher à vivre dans un environnement complètement dépourvu de substances chimiques.

Mais certaines expositions peuvent être réduites.

Et c’est là que ça devient intéressant. 🍃


Imagine simplement une journée dans la peau de ton animal

Tu nettoies le plancher.

Quelques minutes plus tard, ton chat traverse la pièce.

Il marche directement sur cette surface avec ses coussinets, puis va s’installer confortablement sur le canapé. Un peu plus tard, il fait sa toilette et lèche consciencieusement ses pattes.

Ou imagine ton chien pendant une promenade.

Il marche dans l’herbe, renifle le sol, se couche quelques minutes dans un parc, puis rentre à la maison. Il se lèche ensuite les pattes.

Ces comportements sont parfaitement normaux.

Mais ils nous montrent quelque chose d’important : les voies d’exposition de nos animaux ne sont pas toujours les mêmes que les nôtres.

Ils sont beaucoup plus près du sol que nous. Ils explorent énormément leur environnement avec leur nez et leur bouche. Ils marchent directement sur les surfaces et plusieurs espèces consacrent une partie importante de leur journée au toilettage.

Une substance déposée sur une surface peut donc éventuellement se retrouver sur leurs pattes, leur pelage… puis être ingérée.


Tout est une question d’exposition

Lorsqu’on parle de « toxines », le mot peut rapidement devenir inquiétant.

J’aime mieux parler d’exposition environnementale.

Parce qu’une substance n’a pas automatiquement le même effet dans toutes les situations.

La dose compte.

La fréquence compte.

La durée de l’exposition compte.

La voie par laquelle l’animal est exposé compte également.

Et bien sûr, l’animal lui-même compte : son espèce, son poids, son âge et son état de santé peuvent modifier sa vulnérabilité à certaines substances.

C’est d’ailleurs un principe fondamental en toxicologie : ce n’est pas uniquement la présence d’une substance qui détermine le risque, mais aussi les conditions dans lesquelles l’exposition se produit. 🔬

Cette nuance est importante.

L’objectif n’est donc pas de devenir inquiet devant chaque produit présent dans la maison. Il s’agit plutôt d’identifier les expositions évitables sur lesquelles on peut raisonnablement agir.


Nos animaux peuvent aussi nous renseigner sur notre environnement

Il existe un concept que je trouve particulièrement intéressant lorsqu’on parle de santé environnementale : l’exposome.

L’exposome représente l’ensemble des expositions auxquelles un individu est confronté au cours de sa vie.

L’air qu’il respire.

Son alimentation.

Les produits présents dans son environnement.

Son milieu de vie.

Son activité.

Et une multitude d’autres facteurs qui interagissent avec sa biologie.

Nos animaux de compagnie sont particulièrement intéressants dans ce contexte puisqu’ils partagent intimement notre environnement.

Ils vivent dans nos maisons, se promènent dans nos quartiers et sont exposés à plusieurs des mêmes facteurs environnementaux que nous.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les chiens sont étudiés dans certains projets de recherche sur les liens entre environnement, vieillissement et maladies chroniques.

La génétique raconte donc une partie de l’histoire.

L’environnement dans lequel cette génétique évolue en raconte une autre. 🧬


Réduire ce qui peut raisonnablement l’être

Alors, est-ce qu’il faut jeter tous les produits de la maison et vivre dans une bulle?

Évidemment que non.

Je préfère largement quelques changements simples et durables à une recherche impossible du « zéro toxine ».

On peut commencer par regarder les produits utilisés fréquemment dans les endroits où l’animal passe beaucoup de temps.

Après l’utilisation d’un produit nettoyant, respecter les instructions du fabricant et laisser sécher adéquatement les surfaces avant que l’animal y retourne est déjà un réflexe pertinent.

Pour les pesticides et herbicides, la même logique s’applique : respecter les précautions d’utilisation et empêcher l’accès aux zones traitées pendant la période recommandée.

Après certaines promenades, particulièrement lorsqu’on soupçonne que des surfaces ont été traitées, nettoyer les pattes peut également être un geste simple.

La fumée de cigarette et de cannabis mérite elle aussi une attention particulière. Un animal qui vit dans un environnement enfumé ne choisit pas cette exposition. Réduire la fumée dans son milieu de vie bénéficie donc autant aux humains qu’aux animaux qui y habitent.

Et lorsqu’on achète un nouveau jouet, un bol ou un accessoire, on peut simplement privilégier des produits provenant de fabricants fiables et conçus spécifiquement pour l’usage prévu.

Aucune de ces actions n’est spectaculaire.

Mais c’est justement le principe.


Naturel ne signifie pas automatiquement sécuritaire

Il y a cependant un piège important lorsqu’on cherche à créer une maison plus « saine ».

Remplacer systématiquement les produits conventionnels par des produits naturels n’est pas toujours la meilleure solution.

Les huiles essentielles en sont un excellent exemple.

Parce qu’elles proviennent de plantes, on peut facilement les percevoir comme douces ou sans danger. Pourtant, certaines peuvent être problématiques pour les animaux, particulièrement lorsqu’elles sont concentrées, ingérées, appliquées sur la peau ou diffusées dans certaines conditions.

Les chats méritent notamment une attention particulière en raison de différences dans leur capacité à métaboliser certains composés.

Même chose pour les recettes maison de produits nettoyants : naturel n’est pas synonyme d’inoffensif. 🪴

Avant d’introduire une nouvelle substance dans l’environnement de son animal, la bonne question n’est donc pas seulement « Est-ce naturel? »

C’est plutôt : est-ce sécuritaire pour mon animal et est-ce que je l’utilise correctement?


Observer son environnement autrement

Je ne crois pas qu’on puisse ni qu’on doive contrôler toutes les expositions auxquelles nos animaux seront confrontés pendant leur vie.

Mais on peut devenir plus attentif à celles qui se répètent quotidiennement.

Qu’est-ce que j’utilise régulièrement sur mes planchers?

Est-ce que mon animal est présent lorsque je vaporise certains produits?

A-t-il accès à une pelouse immédiatement après un traitement?

Est-il régulièrement exposé à de la fumée?

Les produits que j’utilise sont-ils réellement adaptés à une maison où vivent des animaux?

Ce sont de petites questions.

Mais elles nous permettent de regarder la prévention sous un angle différent.


La santé ne se trouve pas uniquement dans le bol

L’alimentation compte.

Le mouvement compte.

Les soins vétérinaires comptent.

Mais l’environnement dans lequel l’animal passe chaque journée de sa vie compte lui aussi.

L’objectif ne devrait jamais être de créer une maison parfaitement « pure » ou de vivre dans la peur des substances chimiques.

Il s’agit plutôt de comprendre que certaines expositions sont inévitables, alors que d’autres peuvent être facilement diminuées.

Et lorsqu’un changement est simple, sécuritaire et réaliste, pourquoi ne pas le faire?

Parce que prendre soin de la santé de son animal, c’est aussi regarder ce qui l’entoure même lorsque ça ne se voit pas. 🍃



À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle


Référence scientifique

Oh WS, Armstrong PJ, Han HJ. Lifestyle factors affecting aging and healthspan in dogs and cats. Journal of Veterinary Science, 2025. Consulter l’étude

Le contenu présenté ne constitue pas un avis vétérinaire et ne remplace pas une consultation adaptée à la situation particulière d’un animal.

Bilan Santé

Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.

Mode de vie

Santé de l’environnement et charge toxique : ce qu’on ne voit pas compte aussi

Quand on pense à la santé de son animal, on regarde généralement ce qu’il y a dans son bol, son poids, son activité physique ou ses soins vétérinaires.

6 min de lecture

Illustration d’article du blogue Mon Vet Nature

Dre Eliane Marquis

Quand on pense à la santé de son animal, on regarde généralement ce qu’il y a dans son bol, son poids, son activité physique ou ses soins vétérinaires.

Mais rarement ce qu’il y a… sur le plancher de la cuisine.

Pourtant, ton animal vit dans le même environnement que toi. Il respire le même air, marche sur les mêmes surfaces et entre en contact avec une multitude de substances présentes dans son quotidien.

Produits ménagers, pesticides, fumée, poussière, matériaux, parfums d’ambiance, contaminants présents dans l’eau ou l’alimentation…

Impossible et inutile de chercher à vivre dans un environnement complètement dépourvu de substances chimiques.

Mais certaines expositions peuvent être réduites.

Et c’est là que ça devient intéressant. 🍃


Imagine simplement une journée dans la peau de ton animal

Tu nettoies le plancher.

Quelques minutes plus tard, ton chat traverse la pièce.

Il marche directement sur cette surface avec ses coussinets, puis va s’installer confortablement sur le canapé. Un peu plus tard, il fait sa toilette et lèche consciencieusement ses pattes.

Ou imagine ton chien pendant une promenade.

Il marche dans l’herbe, renifle le sol, se couche quelques minutes dans un parc, puis rentre à la maison. Il se lèche ensuite les pattes.

Ces comportements sont parfaitement normaux.

Mais ils nous montrent quelque chose d’important : les voies d’exposition de nos animaux ne sont pas toujours les mêmes que les nôtres.

Ils sont beaucoup plus près du sol que nous. Ils explorent énormément leur environnement avec leur nez et leur bouche. Ils marchent directement sur les surfaces et plusieurs espèces consacrent une partie importante de leur journée au toilettage.

Une substance déposée sur une surface peut donc éventuellement se retrouver sur leurs pattes, leur pelage… puis être ingérée.


Tout est une question d’exposition

Lorsqu’on parle de « toxines », le mot peut rapidement devenir inquiétant.

J’aime mieux parler d’exposition environnementale.

Parce qu’une substance n’a pas automatiquement le même effet dans toutes les situations.

La dose compte.

La fréquence compte.

La durée de l’exposition compte.

La voie par laquelle l’animal est exposé compte également.

Et bien sûr, l’animal lui-même compte : son espèce, son poids, son âge et son état de santé peuvent modifier sa vulnérabilité à certaines substances.

C’est d’ailleurs un principe fondamental en toxicologie : ce n’est pas uniquement la présence d’une substance qui détermine le risque, mais aussi les conditions dans lesquelles l’exposition se produit. 🔬

Cette nuance est importante.

L’objectif n’est donc pas de devenir inquiet devant chaque produit présent dans la maison. Il s’agit plutôt d’identifier les expositions évitables sur lesquelles on peut raisonnablement agir.


Nos animaux peuvent aussi nous renseigner sur notre environnement

Il existe un concept que je trouve particulièrement intéressant lorsqu’on parle de santé environnementale : l’exposome.

L’exposome représente l’ensemble des expositions auxquelles un individu est confronté au cours de sa vie.

L’air qu’il respire.

Son alimentation.

Les produits présents dans son environnement.

Son milieu de vie.

Son activité.

Et une multitude d’autres facteurs qui interagissent avec sa biologie.

Nos animaux de compagnie sont particulièrement intéressants dans ce contexte puisqu’ils partagent intimement notre environnement.

Ils vivent dans nos maisons, se promènent dans nos quartiers et sont exposés à plusieurs des mêmes facteurs environnementaux que nous.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les chiens sont étudiés dans certains projets de recherche sur les liens entre environnement, vieillissement et maladies chroniques.

La génétique raconte donc une partie de l’histoire.

L’environnement dans lequel cette génétique évolue en raconte une autre. 🧬


Réduire ce qui peut raisonnablement l’être

Alors, est-ce qu’il faut jeter tous les produits de la maison et vivre dans une bulle?

Évidemment que non.

Je préfère largement quelques changements simples et durables à une recherche impossible du « zéro toxine ».

On peut commencer par regarder les produits utilisés fréquemment dans les endroits où l’animal passe beaucoup de temps.

Après l’utilisation d’un produit nettoyant, respecter les instructions du fabricant et laisser sécher adéquatement les surfaces avant que l’animal y retourne est déjà un réflexe pertinent.

Pour les pesticides et herbicides, la même logique s’applique : respecter les précautions d’utilisation et empêcher l’accès aux zones traitées pendant la période recommandée.

Après certaines promenades, particulièrement lorsqu’on soupçonne que des surfaces ont été traitées, nettoyer les pattes peut également être un geste simple.

La fumée de cigarette et de cannabis mérite elle aussi une attention particulière. Un animal qui vit dans un environnement enfumé ne choisit pas cette exposition. Réduire la fumée dans son milieu de vie bénéficie donc autant aux humains qu’aux animaux qui y habitent.

Et lorsqu’on achète un nouveau jouet, un bol ou un accessoire, on peut simplement privilégier des produits provenant de fabricants fiables et conçus spécifiquement pour l’usage prévu.

Aucune de ces actions n’est spectaculaire.

Mais c’est justement le principe.


Naturel ne signifie pas automatiquement sécuritaire

Il y a cependant un piège important lorsqu’on cherche à créer une maison plus « saine ».

Remplacer systématiquement les produits conventionnels par des produits naturels n’est pas toujours la meilleure solution.

Les huiles essentielles en sont un excellent exemple.

Parce qu’elles proviennent de plantes, on peut facilement les percevoir comme douces ou sans danger. Pourtant, certaines peuvent être problématiques pour les animaux, particulièrement lorsqu’elles sont concentrées, ingérées, appliquées sur la peau ou diffusées dans certaines conditions.

Les chats méritent notamment une attention particulière en raison de différences dans leur capacité à métaboliser certains composés.

Même chose pour les recettes maison de produits nettoyants : naturel n’est pas synonyme d’inoffensif. 🪴

Avant d’introduire une nouvelle substance dans l’environnement de son animal, la bonne question n’est donc pas seulement « Est-ce naturel? »

C’est plutôt : est-ce sécuritaire pour mon animal et est-ce que je l’utilise correctement?


Observer son environnement autrement

Je ne crois pas qu’on puisse ni qu’on doive contrôler toutes les expositions auxquelles nos animaux seront confrontés pendant leur vie.

Mais on peut devenir plus attentif à celles qui se répètent quotidiennement.

Qu’est-ce que j’utilise régulièrement sur mes planchers?

Est-ce que mon animal est présent lorsque je vaporise certains produits?

A-t-il accès à une pelouse immédiatement après un traitement?

Est-il régulièrement exposé à de la fumée?

Les produits que j’utilise sont-ils réellement adaptés à une maison où vivent des animaux?

Ce sont de petites questions.

Mais elles nous permettent de regarder la prévention sous un angle différent.


La santé ne se trouve pas uniquement dans le bol

L’alimentation compte.

Le mouvement compte.

Les soins vétérinaires comptent.

Mais l’environnement dans lequel l’animal passe chaque journée de sa vie compte lui aussi.

L’objectif ne devrait jamais être de créer une maison parfaitement « pure » ou de vivre dans la peur des substances chimiques.

Il s’agit plutôt de comprendre que certaines expositions sont inévitables, alors que d’autres peuvent être facilement diminuées.

Et lorsqu’un changement est simple, sécuritaire et réaliste, pourquoi ne pas le faire?

Parce que prendre soin de la santé de son animal, c’est aussi regarder ce qui l’entoure même lorsque ça ne se voit pas. 🍃



À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle


Référence scientifique

Oh WS, Armstrong PJ, Han HJ. Lifestyle factors affecting aging and healthspan in dogs and cats. Journal of Veterinary Science, 2025. Consulter l’étude

Le contenu présenté ne constitue pas un avis vétérinaire et ne remplace pas une consultation adaptée à la situation particulière d’un animal.

Bilan Santé

Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.