Mode de vie

Santé mentale et gestion du stress : un équilibre essentiel

Et si certains comportements de ton animal que tu trouves « difficiles » étaient plutôt sa façon de te dire qu’il ne se sent pas complètement bien?

8 min de lecture

Illustration d’article du blogue Mon Vet Nature

Dre Eliane Marquis

Et si certains comportements de ton animal que tu trouves « difficiles » étaient plutôt sa façon de te dire qu’il ne se sent pas complètement bien?

Un chien qui détruit lorsqu’il reste seul.

Un chat qui se cache dès que des invités arrivent.

Un animal qui devient soudainement plus irritable, qui se lèche excessivement ou qui semble constamment sur ses gardes.

On cherche parfois à corriger le comportement avant même de se demander ce qui se passe derrière celui-ci.

Pourtant, la santé ne s’arrête pas au corps.

Le sentiment de sécurité, la capacité à se reposer, les interactions sociales, la stimulation, la prévisibilité de l’environnement et le stress font eux aussi partie de la santé globale d’un animal.

Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, le stress n’est pas toujours spectaculaire.


Le stress n’est pas nécessairement mauvais

Le mot « stress » a une connotation très négative.

Pourtant, le stress est d’abord une réponse normale de l’organisme.

Un bruit soudain retentit. Ton chat sursaute.

Ton chien rencontre quelque chose qu’il n’a jamais vu. Son attention augmente.

L’organisme mobilise rapidement différentes ressources pour permettre à l’animal de réagir à ce qui se passe autour de lui.

Puis, lorsque la situation est terminée et que l’animal se sent à nouveau en sécurité, son organisme peut progressivement revenir à son état habituel.

Le problème apparaît davantage lorsque le stress devient fréquent, intense ou prolongé et que l’animal dispose de peu d’occasions de récupérer.

À ce moment-là, ses effets peuvent dépasser le comportement.

Les systèmes nerveux, hormonal, immunitaire et digestif communiquent constamment entre eux. Un stress chronique peut donc avoir des répercussions beaucoup plus larges sur l’organisme.

C’est l’une des raisons pour lesquelles, en médecine intégrative, je trouve essentiel de ne pas regarder uniquement ce qui se passe physiquement.


« Pourtant, il n’a aucune raison d’être stressé »

C’est une phrase qu’on entend souvent.

Le chien a une grande maison.

Le chat a de la nourriture à volonté.

Il reçoit énormément d’amour.

Alors pourquoi serait-il stressé?

Parce que nous évaluons parfois leur environnement avec nos propres critères plutôt qu’avec les leurs.

Pour un chat, ne pas pouvoir s’éloigner d’un autre animal avec lequel il est inconfortable peut représenter un stress important.

Pour un chien, rester seul plusieurs heures peut être difficile.

Un déménagement, l’arrivée d’un bébé, un nouvel animal, des travaux dans la maison, des bruits inhabituels, un changement d’horaire ou simplement un environnement trop imprévisible peuvent modifier leurs repères.

Même certaines interactions que nous considérons affectueuses ne sont pas nécessairement appréciées par tous les animaux.

La question n’est donc pas seulement : « Est-ce que mon animal a une belle vie? »

J’aime aussi me demander : « Est-ce que son environnement lui permet de se sentir en sécurité et d’exprimer les comportements naturels de son espèce? »

Cette petite différence change énormément notre façon d’observer les choses.


Ton état émotionnel peut-il influencer ton animal?

C’est probablement l’un des aspects les plus fascinants de notre relation avec les animaux.

Ils nous observent beaucoup plus que nous le réalisons.

Notre posture, notre voix, nos mouvements, nos habitudes et nos réactions font partie de leur environnement.

Une étude publiée en 2019 s’est notamment intéressée aux concentrations de cortisol à long terme chez des chiens et leurs propriétaires. Les chercheurs ont observé une association entre leurs niveaux de cortisol, suggérant une certaine synchronisation du stress à long terme au sein de la relation humain-chien.

Mais il faut être prudent avec l’interprétation.

Cela ne signifie pas que si tu es stressé, tu rends automatiquement ton chien malade ou anxieux.

Et certainement pas que tu dois te sentir coupable lorsque tu traverses une période plus difficile.

La relation est beaucoup plus complexe.

Ce que cette recherche nous rappelle surtout, c’est que nos animaux vivent très près de nous et qu’ils peuvent être sensibles à nos comportements, nos routines et certains changements dans notre quotidien.

Nous faisons, nous aussi, partie de leur environnement. 🧬


La sécurité se construit dans les petites choses

Créer un environnement favorable à la santé mentale ne demande pas nécessairement quelque chose de spectaculaire.

Souvent, ce sont les petits détails qui comptent.

Un endroit où dormir sans être dérangé.

La possibilité de s’éloigner lorsqu’une interaction devient inconfortable.

Des ressources accessibles sans compétition avec un autre animal.

Une certaine prévisibilité dans la journée.

Des périodes de stimulation, mais aussi de véritables périodes de calme.

Chez le chat, cela peut vouloir dire offrir des cachettes et des espaces en hauteur où il peut observer son environnement sans être approché.

Chez le chien, un endroit calme où personne ne vient constamment le toucher peut devenir un véritable espace de récupération.

L’objectif n’est pas d’éliminer toutes les sources de stress.

Ce serait impossible.

Il s’agit plutôt de donner à l’animal des moyens de s’adapter et de retrouver un sentiment de sécurité après une situation stressante. 🍃


Éduquer sans ajouter de peur

Notre façon d’interagir avec nos animaux fait évidemment partie de cet environnement.

Lorsqu’un comportement nous dérange, la punition peut sembler être la façon la plus rapide de le faire disparaître.

Mais faire disparaître un comportement ne signifie pas nécessairement avoir réglé ce qui le provoquait.

Prenons un chien qui grogne.

Le grognement nous dérange parce qu’il est inquiétant. Pourtant, il constitue aussi une communication : le chien exprime un inconfort.

Si on le punit chaque fois qu’il grogne, il peut éventuellement apprendre qu’il ne doit plus produire ce signal.

Mais son inconfort, lui, peut toujours être présent.

C’est pourquoi je préfère chercher à comprendre pourquoi un comportement apparaît avant de simplement vouloir l'arrêter.

Les approches basées sur le renforcement positif, la cohérence et la compréhension du comportement permettent de travailler avec l’animal plutôt que contre lui.

Et lorsque la peur, l’anxiété ou l’agressivité deviennent importantes, demander l’aide d’un vétérinaire ou d’un professionnel qualifié en comportement peut complètement changer la situation. 🩺


Socialiser ne signifie pas rencontrer tout le monde

Il existe aussi une idée selon laquelle un animal bien socialisé devrait pouvoir rencontrer tous les chiens, toutes les personnes et être confortable dans toutes les situations.

Ce n’est pas réellement l’objectif.

La socialisation consiste plutôt à permettre à l’animal de développer progressivement des associations positives avec différentes expériences, particulièrement pendant certaines périodes importantes de son développement.

Forcer un chien inquiet à rencontrer d’autres chiens ne le rendra pas nécessairement plus sociable.

Et obliger un chat à rester dans une interaction qu’il cherche à fuir ne lui apprendra pas forcément que cette situation est sécuritaire.

Parfois, respecter une distance est justement ce qui permet à l’animal de reprendre confiance.

Une expérience positive vaut souvent beaucoup plus que plusieurs expériences imposées.


Et si on observait avant de corriger?

Nos animaux communiquent constamment.

Le problème, c’est que leurs premiers signaux peuvent être tellement subtils qu’on ne les remarque qu’une fois qu’ils deviennent évidents.

Un chien peut détourner la tête, se lécher les babines, bâiller ou chercher à s’éloigner.

Un chat peut changer légèrement de posture, déplacer ses oreilles, fouetter sa queue ou choisir de se cacher.

Apprendre à reconnaître ces signaux permet parfois d’intervenir bien avant que l’animal atteigne son seuil de tolérance.

Mais il faut également se rappeler qu’un changement de comportement peut avoir une origine physique.

Un animal qui devient soudainement irritable n’est pas nécessairement « de mauvaise humeur ».

Il peut avoir mal.

Un chien qui refuse soudainement certaines activités peut ressentir un inconfort.

Un chat qui change ses habitudes peut présenter un problème médical.

Un changement comportemental inhabituel mérite donc toujours qu’on considère aussi la santé physique.

Le corps et le comportement ne vivent pas dans deux univers séparés.


Le bien-être, c’est aussi pouvoir ne rien faire

Nous voulons tellement offrir une belle vie à nos animaux qu’il peut être tentant de constamment les occuper.

Promenade.

Jeu.

Enrichissement.

Sortie.

Nouvelle activité.

Tout cela peut être merveilleux.

Mais le bien-être, c’est aussi avoir la possibilité de dormir profondément dans un endroit sécuritaire, de s’éloigner, de récupérer et parfois simplement… de ne rien faire.

Encore une fois, tout revient à l’équilibre. ⚖️

Assez de stimulation pour répondre aux besoins de l’animal.

Assez de prévisibilité pour qu’il puisse comprendre son environnement.

Et suffisamment de calme pour permettre à son organisme de récupérer.


Prendre soin de son mental, c’est prendre soin de sa santé

Quand on parle de prévention, on pense facilement aux vaccins, au poids, à l’alimentation ou aux analyses sanguines.

J’aimerais qu’on pense aussi à demander :

Est-ce que cet animal se sent bien dans sa vie quotidienne?

Peut-il dormir tranquillement?

Peut-il s’éloigner lorsqu’il en ressent le besoin?

A-t-il des occasions d’exprimer ses comportements naturels?

Ses interactions avec nous sont-elles généralement prévisibles et sécurisantes?

Son comportement a-t-il changé récemment?

Ces questions ne remplacent évidemment pas la médecine vétérinaire.

Elles en complètent plutôt le portrait.

Parce qu’un animal n’est pas seulement un organisme que l’on nourrit et que l’on soigne.

C’est aussi un individu qui ressent, apprend, s’adapte et interagit chaque jour avec le monde qui l’entoure.

Et prendre soin de sa santé, c’est aussi prendre soin de cet équilibre-là. 🍃



À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle


Référence scientifique

Oh WS, Armstrong PJ, Han HJ. Lifestyle factors affecting aging and healthspan in dogs and cats. Journal of Veterinary Science, 2025. Consulter l’étude

Le contenu présenté ne constitue pas un avis vétérinaire et ne remplace pas une consultation adaptée à la situation particulière d’un animal.

Bilan Santé

Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.

Mode de vie

Santé mentale et gestion du stress : un équilibre essentiel

Et si certains comportements de ton animal que tu trouves « difficiles » étaient plutôt sa façon de te dire qu’il ne se sent pas complètement bien?

8 min de lecture

Illustration d’article du blogue Mon Vet Nature

Dre Eliane Marquis

Et si certains comportements de ton animal que tu trouves « difficiles » étaient plutôt sa façon de te dire qu’il ne se sent pas complètement bien?

Un chien qui détruit lorsqu’il reste seul.

Un chat qui se cache dès que des invités arrivent.

Un animal qui devient soudainement plus irritable, qui se lèche excessivement ou qui semble constamment sur ses gardes.

On cherche parfois à corriger le comportement avant même de se demander ce qui se passe derrière celui-ci.

Pourtant, la santé ne s’arrête pas au corps.

Le sentiment de sécurité, la capacité à se reposer, les interactions sociales, la stimulation, la prévisibilité de l’environnement et le stress font eux aussi partie de la santé globale d’un animal.

Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, le stress n’est pas toujours spectaculaire.


Le stress n’est pas nécessairement mauvais

Le mot « stress » a une connotation très négative.

Pourtant, le stress est d’abord une réponse normale de l’organisme.

Un bruit soudain retentit. Ton chat sursaute.

Ton chien rencontre quelque chose qu’il n’a jamais vu. Son attention augmente.

L’organisme mobilise rapidement différentes ressources pour permettre à l’animal de réagir à ce qui se passe autour de lui.

Puis, lorsque la situation est terminée et que l’animal se sent à nouveau en sécurité, son organisme peut progressivement revenir à son état habituel.

Le problème apparaît davantage lorsque le stress devient fréquent, intense ou prolongé et que l’animal dispose de peu d’occasions de récupérer.

À ce moment-là, ses effets peuvent dépasser le comportement.

Les systèmes nerveux, hormonal, immunitaire et digestif communiquent constamment entre eux. Un stress chronique peut donc avoir des répercussions beaucoup plus larges sur l’organisme.

C’est l’une des raisons pour lesquelles, en médecine intégrative, je trouve essentiel de ne pas regarder uniquement ce qui se passe physiquement.


« Pourtant, il n’a aucune raison d’être stressé »

C’est une phrase qu’on entend souvent.

Le chien a une grande maison.

Le chat a de la nourriture à volonté.

Il reçoit énormément d’amour.

Alors pourquoi serait-il stressé?

Parce que nous évaluons parfois leur environnement avec nos propres critères plutôt qu’avec les leurs.

Pour un chat, ne pas pouvoir s’éloigner d’un autre animal avec lequel il est inconfortable peut représenter un stress important.

Pour un chien, rester seul plusieurs heures peut être difficile.

Un déménagement, l’arrivée d’un bébé, un nouvel animal, des travaux dans la maison, des bruits inhabituels, un changement d’horaire ou simplement un environnement trop imprévisible peuvent modifier leurs repères.

Même certaines interactions que nous considérons affectueuses ne sont pas nécessairement appréciées par tous les animaux.

La question n’est donc pas seulement : « Est-ce que mon animal a une belle vie? »

J’aime aussi me demander : « Est-ce que son environnement lui permet de se sentir en sécurité et d’exprimer les comportements naturels de son espèce? »

Cette petite différence change énormément notre façon d’observer les choses.


Ton état émotionnel peut-il influencer ton animal?

C’est probablement l’un des aspects les plus fascinants de notre relation avec les animaux.

Ils nous observent beaucoup plus que nous le réalisons.

Notre posture, notre voix, nos mouvements, nos habitudes et nos réactions font partie de leur environnement.

Une étude publiée en 2019 s’est notamment intéressée aux concentrations de cortisol à long terme chez des chiens et leurs propriétaires. Les chercheurs ont observé une association entre leurs niveaux de cortisol, suggérant une certaine synchronisation du stress à long terme au sein de la relation humain-chien.

Mais il faut être prudent avec l’interprétation.

Cela ne signifie pas que si tu es stressé, tu rends automatiquement ton chien malade ou anxieux.

Et certainement pas que tu dois te sentir coupable lorsque tu traverses une période plus difficile.

La relation est beaucoup plus complexe.

Ce que cette recherche nous rappelle surtout, c’est que nos animaux vivent très près de nous et qu’ils peuvent être sensibles à nos comportements, nos routines et certains changements dans notre quotidien.

Nous faisons, nous aussi, partie de leur environnement. 🧬


La sécurité se construit dans les petites choses

Créer un environnement favorable à la santé mentale ne demande pas nécessairement quelque chose de spectaculaire.

Souvent, ce sont les petits détails qui comptent.

Un endroit où dormir sans être dérangé.

La possibilité de s’éloigner lorsqu’une interaction devient inconfortable.

Des ressources accessibles sans compétition avec un autre animal.

Une certaine prévisibilité dans la journée.

Des périodes de stimulation, mais aussi de véritables périodes de calme.

Chez le chat, cela peut vouloir dire offrir des cachettes et des espaces en hauteur où il peut observer son environnement sans être approché.

Chez le chien, un endroit calme où personne ne vient constamment le toucher peut devenir un véritable espace de récupération.

L’objectif n’est pas d’éliminer toutes les sources de stress.

Ce serait impossible.

Il s’agit plutôt de donner à l’animal des moyens de s’adapter et de retrouver un sentiment de sécurité après une situation stressante. 🍃


Éduquer sans ajouter de peur

Notre façon d’interagir avec nos animaux fait évidemment partie de cet environnement.

Lorsqu’un comportement nous dérange, la punition peut sembler être la façon la plus rapide de le faire disparaître.

Mais faire disparaître un comportement ne signifie pas nécessairement avoir réglé ce qui le provoquait.

Prenons un chien qui grogne.

Le grognement nous dérange parce qu’il est inquiétant. Pourtant, il constitue aussi une communication : le chien exprime un inconfort.

Si on le punit chaque fois qu’il grogne, il peut éventuellement apprendre qu’il ne doit plus produire ce signal.

Mais son inconfort, lui, peut toujours être présent.

C’est pourquoi je préfère chercher à comprendre pourquoi un comportement apparaît avant de simplement vouloir l'arrêter.

Les approches basées sur le renforcement positif, la cohérence et la compréhension du comportement permettent de travailler avec l’animal plutôt que contre lui.

Et lorsque la peur, l’anxiété ou l’agressivité deviennent importantes, demander l’aide d’un vétérinaire ou d’un professionnel qualifié en comportement peut complètement changer la situation. 🩺


Socialiser ne signifie pas rencontrer tout le monde

Il existe aussi une idée selon laquelle un animal bien socialisé devrait pouvoir rencontrer tous les chiens, toutes les personnes et être confortable dans toutes les situations.

Ce n’est pas réellement l’objectif.

La socialisation consiste plutôt à permettre à l’animal de développer progressivement des associations positives avec différentes expériences, particulièrement pendant certaines périodes importantes de son développement.

Forcer un chien inquiet à rencontrer d’autres chiens ne le rendra pas nécessairement plus sociable.

Et obliger un chat à rester dans une interaction qu’il cherche à fuir ne lui apprendra pas forcément que cette situation est sécuritaire.

Parfois, respecter une distance est justement ce qui permet à l’animal de reprendre confiance.

Une expérience positive vaut souvent beaucoup plus que plusieurs expériences imposées.


Et si on observait avant de corriger?

Nos animaux communiquent constamment.

Le problème, c’est que leurs premiers signaux peuvent être tellement subtils qu’on ne les remarque qu’une fois qu’ils deviennent évidents.

Un chien peut détourner la tête, se lécher les babines, bâiller ou chercher à s’éloigner.

Un chat peut changer légèrement de posture, déplacer ses oreilles, fouetter sa queue ou choisir de se cacher.

Apprendre à reconnaître ces signaux permet parfois d’intervenir bien avant que l’animal atteigne son seuil de tolérance.

Mais il faut également se rappeler qu’un changement de comportement peut avoir une origine physique.

Un animal qui devient soudainement irritable n’est pas nécessairement « de mauvaise humeur ».

Il peut avoir mal.

Un chien qui refuse soudainement certaines activités peut ressentir un inconfort.

Un chat qui change ses habitudes peut présenter un problème médical.

Un changement comportemental inhabituel mérite donc toujours qu’on considère aussi la santé physique.

Le corps et le comportement ne vivent pas dans deux univers séparés.


Le bien-être, c’est aussi pouvoir ne rien faire

Nous voulons tellement offrir une belle vie à nos animaux qu’il peut être tentant de constamment les occuper.

Promenade.

Jeu.

Enrichissement.

Sortie.

Nouvelle activité.

Tout cela peut être merveilleux.

Mais le bien-être, c’est aussi avoir la possibilité de dormir profondément dans un endroit sécuritaire, de s’éloigner, de récupérer et parfois simplement… de ne rien faire.

Encore une fois, tout revient à l’équilibre. ⚖️

Assez de stimulation pour répondre aux besoins de l’animal.

Assez de prévisibilité pour qu’il puisse comprendre son environnement.

Et suffisamment de calme pour permettre à son organisme de récupérer.


Prendre soin de son mental, c’est prendre soin de sa santé

Quand on parle de prévention, on pense facilement aux vaccins, au poids, à l’alimentation ou aux analyses sanguines.

J’aimerais qu’on pense aussi à demander :

Est-ce que cet animal se sent bien dans sa vie quotidienne?

Peut-il dormir tranquillement?

Peut-il s’éloigner lorsqu’il en ressent le besoin?

A-t-il des occasions d’exprimer ses comportements naturels?

Ses interactions avec nous sont-elles généralement prévisibles et sécurisantes?

Son comportement a-t-il changé récemment?

Ces questions ne remplacent évidemment pas la médecine vétérinaire.

Elles en complètent plutôt le portrait.

Parce qu’un animal n’est pas seulement un organisme que l’on nourrit et que l’on soigne.

C’est aussi un individu qui ressent, apprend, s’adapte et interagit chaque jour avec le monde qui l’entoure.

Et prendre soin de sa santé, c’est aussi prendre soin de cet équilibre-là. 🍃



À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle


Référence scientifique

Oh WS, Armstrong PJ, Han HJ. Lifestyle factors affecting aging and healthspan in dogs and cats. Journal of Veterinary Science, 2025. Consulter l’étude

Le contenu présenté ne constitue pas un avis vétérinaire et ne remplace pas une consultation adaptée à la situation particulière d’un animal.

Bilan Santé

Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.

Mode de vie

Santé mentale et gestion du stress : un équilibre essentiel

Et si certains comportements de ton animal que tu trouves « difficiles » étaient plutôt sa façon de te dire qu’il ne se sent pas complètement bien?

8 min de lecture

Illustration d’article du blogue Mon Vet Nature

Dre Eliane Marquis

Et si certains comportements de ton animal que tu trouves « difficiles » étaient plutôt sa façon de te dire qu’il ne se sent pas complètement bien?

Un chien qui détruit lorsqu’il reste seul.

Un chat qui se cache dès que des invités arrivent.

Un animal qui devient soudainement plus irritable, qui se lèche excessivement ou qui semble constamment sur ses gardes.

On cherche parfois à corriger le comportement avant même de se demander ce qui se passe derrière celui-ci.

Pourtant, la santé ne s’arrête pas au corps.

Le sentiment de sécurité, la capacité à se reposer, les interactions sociales, la stimulation, la prévisibilité de l’environnement et le stress font eux aussi partie de la santé globale d’un animal.

Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, le stress n’est pas toujours spectaculaire.


Le stress n’est pas nécessairement mauvais

Le mot « stress » a une connotation très négative.

Pourtant, le stress est d’abord une réponse normale de l’organisme.

Un bruit soudain retentit. Ton chat sursaute.

Ton chien rencontre quelque chose qu’il n’a jamais vu. Son attention augmente.

L’organisme mobilise rapidement différentes ressources pour permettre à l’animal de réagir à ce qui se passe autour de lui.

Puis, lorsque la situation est terminée et que l’animal se sent à nouveau en sécurité, son organisme peut progressivement revenir à son état habituel.

Le problème apparaît davantage lorsque le stress devient fréquent, intense ou prolongé et que l’animal dispose de peu d’occasions de récupérer.

À ce moment-là, ses effets peuvent dépasser le comportement.

Les systèmes nerveux, hormonal, immunitaire et digestif communiquent constamment entre eux. Un stress chronique peut donc avoir des répercussions beaucoup plus larges sur l’organisme.

C’est l’une des raisons pour lesquelles, en médecine intégrative, je trouve essentiel de ne pas regarder uniquement ce qui se passe physiquement.


« Pourtant, il n’a aucune raison d’être stressé »

C’est une phrase qu’on entend souvent.

Le chien a une grande maison.

Le chat a de la nourriture à volonté.

Il reçoit énormément d’amour.

Alors pourquoi serait-il stressé?

Parce que nous évaluons parfois leur environnement avec nos propres critères plutôt qu’avec les leurs.

Pour un chat, ne pas pouvoir s’éloigner d’un autre animal avec lequel il est inconfortable peut représenter un stress important.

Pour un chien, rester seul plusieurs heures peut être difficile.

Un déménagement, l’arrivée d’un bébé, un nouvel animal, des travaux dans la maison, des bruits inhabituels, un changement d’horaire ou simplement un environnement trop imprévisible peuvent modifier leurs repères.

Même certaines interactions que nous considérons affectueuses ne sont pas nécessairement appréciées par tous les animaux.

La question n’est donc pas seulement : « Est-ce que mon animal a une belle vie? »

J’aime aussi me demander : « Est-ce que son environnement lui permet de se sentir en sécurité et d’exprimer les comportements naturels de son espèce? »

Cette petite différence change énormément notre façon d’observer les choses.


Ton état émotionnel peut-il influencer ton animal?

C’est probablement l’un des aspects les plus fascinants de notre relation avec les animaux.

Ils nous observent beaucoup plus que nous le réalisons.

Notre posture, notre voix, nos mouvements, nos habitudes et nos réactions font partie de leur environnement.

Une étude publiée en 2019 s’est notamment intéressée aux concentrations de cortisol à long terme chez des chiens et leurs propriétaires. Les chercheurs ont observé une association entre leurs niveaux de cortisol, suggérant une certaine synchronisation du stress à long terme au sein de la relation humain-chien.

Mais il faut être prudent avec l’interprétation.

Cela ne signifie pas que si tu es stressé, tu rends automatiquement ton chien malade ou anxieux.

Et certainement pas que tu dois te sentir coupable lorsque tu traverses une période plus difficile.

La relation est beaucoup plus complexe.

Ce que cette recherche nous rappelle surtout, c’est que nos animaux vivent très près de nous et qu’ils peuvent être sensibles à nos comportements, nos routines et certains changements dans notre quotidien.

Nous faisons, nous aussi, partie de leur environnement. 🧬


La sécurité se construit dans les petites choses

Créer un environnement favorable à la santé mentale ne demande pas nécessairement quelque chose de spectaculaire.

Souvent, ce sont les petits détails qui comptent.

Un endroit où dormir sans être dérangé.

La possibilité de s’éloigner lorsqu’une interaction devient inconfortable.

Des ressources accessibles sans compétition avec un autre animal.

Une certaine prévisibilité dans la journée.

Des périodes de stimulation, mais aussi de véritables périodes de calme.

Chez le chat, cela peut vouloir dire offrir des cachettes et des espaces en hauteur où il peut observer son environnement sans être approché.

Chez le chien, un endroit calme où personne ne vient constamment le toucher peut devenir un véritable espace de récupération.

L’objectif n’est pas d’éliminer toutes les sources de stress.

Ce serait impossible.

Il s’agit plutôt de donner à l’animal des moyens de s’adapter et de retrouver un sentiment de sécurité après une situation stressante. 🍃


Éduquer sans ajouter de peur

Notre façon d’interagir avec nos animaux fait évidemment partie de cet environnement.

Lorsqu’un comportement nous dérange, la punition peut sembler être la façon la plus rapide de le faire disparaître.

Mais faire disparaître un comportement ne signifie pas nécessairement avoir réglé ce qui le provoquait.

Prenons un chien qui grogne.

Le grognement nous dérange parce qu’il est inquiétant. Pourtant, il constitue aussi une communication : le chien exprime un inconfort.

Si on le punit chaque fois qu’il grogne, il peut éventuellement apprendre qu’il ne doit plus produire ce signal.

Mais son inconfort, lui, peut toujours être présent.

C’est pourquoi je préfère chercher à comprendre pourquoi un comportement apparaît avant de simplement vouloir l'arrêter.

Les approches basées sur le renforcement positif, la cohérence et la compréhension du comportement permettent de travailler avec l’animal plutôt que contre lui.

Et lorsque la peur, l’anxiété ou l’agressivité deviennent importantes, demander l’aide d’un vétérinaire ou d’un professionnel qualifié en comportement peut complètement changer la situation. 🩺


Socialiser ne signifie pas rencontrer tout le monde

Il existe aussi une idée selon laquelle un animal bien socialisé devrait pouvoir rencontrer tous les chiens, toutes les personnes et être confortable dans toutes les situations.

Ce n’est pas réellement l’objectif.

La socialisation consiste plutôt à permettre à l’animal de développer progressivement des associations positives avec différentes expériences, particulièrement pendant certaines périodes importantes de son développement.

Forcer un chien inquiet à rencontrer d’autres chiens ne le rendra pas nécessairement plus sociable.

Et obliger un chat à rester dans une interaction qu’il cherche à fuir ne lui apprendra pas forcément que cette situation est sécuritaire.

Parfois, respecter une distance est justement ce qui permet à l’animal de reprendre confiance.

Une expérience positive vaut souvent beaucoup plus que plusieurs expériences imposées.


Et si on observait avant de corriger?

Nos animaux communiquent constamment.

Le problème, c’est que leurs premiers signaux peuvent être tellement subtils qu’on ne les remarque qu’une fois qu’ils deviennent évidents.

Un chien peut détourner la tête, se lécher les babines, bâiller ou chercher à s’éloigner.

Un chat peut changer légèrement de posture, déplacer ses oreilles, fouetter sa queue ou choisir de se cacher.

Apprendre à reconnaître ces signaux permet parfois d’intervenir bien avant que l’animal atteigne son seuil de tolérance.

Mais il faut également se rappeler qu’un changement de comportement peut avoir une origine physique.

Un animal qui devient soudainement irritable n’est pas nécessairement « de mauvaise humeur ».

Il peut avoir mal.

Un chien qui refuse soudainement certaines activités peut ressentir un inconfort.

Un chat qui change ses habitudes peut présenter un problème médical.

Un changement comportemental inhabituel mérite donc toujours qu’on considère aussi la santé physique.

Le corps et le comportement ne vivent pas dans deux univers séparés.


Le bien-être, c’est aussi pouvoir ne rien faire

Nous voulons tellement offrir une belle vie à nos animaux qu’il peut être tentant de constamment les occuper.

Promenade.

Jeu.

Enrichissement.

Sortie.

Nouvelle activité.

Tout cela peut être merveilleux.

Mais le bien-être, c’est aussi avoir la possibilité de dormir profondément dans un endroit sécuritaire, de s’éloigner, de récupérer et parfois simplement… de ne rien faire.

Encore une fois, tout revient à l’équilibre. ⚖️

Assez de stimulation pour répondre aux besoins de l’animal.

Assez de prévisibilité pour qu’il puisse comprendre son environnement.

Et suffisamment de calme pour permettre à son organisme de récupérer.


Prendre soin de son mental, c’est prendre soin de sa santé

Quand on parle de prévention, on pense facilement aux vaccins, au poids, à l’alimentation ou aux analyses sanguines.

J’aimerais qu’on pense aussi à demander :

Est-ce que cet animal se sent bien dans sa vie quotidienne?

Peut-il dormir tranquillement?

Peut-il s’éloigner lorsqu’il en ressent le besoin?

A-t-il des occasions d’exprimer ses comportements naturels?

Ses interactions avec nous sont-elles généralement prévisibles et sécurisantes?

Son comportement a-t-il changé récemment?

Ces questions ne remplacent évidemment pas la médecine vétérinaire.

Elles en complètent plutôt le portrait.

Parce qu’un animal n’est pas seulement un organisme que l’on nourrit et que l’on soigne.

C’est aussi un individu qui ressent, apprend, s’adapte et interagit chaque jour avec le monde qui l’entoure.

Et prendre soin de sa santé, c’est aussi prendre soin de cet équilibre-là. 🍃



À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle


Référence scientifique

Oh WS, Armstrong PJ, Han HJ. Lifestyle factors affecting aging and healthspan in dogs and cats. Journal of Veterinary Science, 2025. Consulter l’étude

Le contenu présenté ne constitue pas un avis vétérinaire et ne remplace pas une consultation adaptée à la situation particulière d’un animal.

Bilan Santé

Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.