Nutrition

Santé physique et métabolisme : bouger pour mieux vivre

Et si l’une des meilleures choses que tu pouvais offrir à ton animal ne se trouvait ni dans son bol, ni dans un supplément… mais simplement dans sa journée?

5 min de lecture

Illustration d’article du blogue Mon Vet Nature

Dre Eliane Marquis

Dre Eliane Marquis tient un chat gris et un bouquet de lavande au bord de l’eau

Et si l’une des meilleures choses que tu pouvais offrir à ton animal ne se trouvait ni dans son bol, ni dans un supplément… mais simplement dans sa journée?


Bouger.


Ça semble presque trop simple.

Pourtant, le mouvement influence une quantité impressionnante de mécanismes dans l’organisme : la masse musculaire, le poids, la mobilité, le métabolisme, la santé cardiovasculaire et même le bien-être mental.

Et lorsqu’on parle de santé à long terme, je pense qu’on sous-estime encore énormément son importance.


Nos animaux vivent-ils suffisamment activement?

La vie de nos animaux domestiques a beaucoup changé.

Un chien peut aujourd’hui passer une grande partie de sa journée à attendre le retour de ses humains. Un chat d’intérieur peut avoir accès à tout ce dont il a besoin sans parcourir plus que quelques mètres entre son bol, sa litière et son endroit préféré pour dormir.

Pendant ce temps, la nourriture est facilement accessible et souvent très appétente.

Petit à petit, un déséquilibre peut s’installer : beaucoup d’énergie consommée, mais relativement peu dépensée.

Et c’est là que le métabolisme entre dans l’équation.

Lorsque l’apport énergétique dépasse régulièrement les besoins de l’animal, le surplus est stocké. Le poids augmente progressivement et, parfois, tellement lentement qu’on finit par ne plus réellement le remarquer.

Quelques centaines de grammes peuvent sembler insignifiantes pour nous. Pour un petit chien ou un chat, elles peuvent représenter une proportion importante de son poids.

Et l’excès de poids n’est pas seulement une question d’apparence. ⚖️

Le tissu adipeux est biologiquement actif et peut participer à différents mécanismes inflammatoires. Un surplus de poids peut également augmenter les contraintes exercées sur les articulations et rendre progressivement le mouvement plus difficile.

C’est alors qu’un cercle vicieux peut commencer.

L’animal bouge moins parce que bouger devient plus exigeant. Comme il bouge moins, il dépense moins d’énergie. Et puisqu’il dépense moins d’énergie, la prise de poids peut continuer.


Le mouvement fait beaucoup plus que brûler des calories

C’est probablement l’une des idées que j’aimerais le plus changer lorsqu’on parle d’activité physique.

On associe énormément l’exercice au poids.

« Mon chien a pris du poids, je vais le faire marcher davantage. »

Mais le mouvement ne sert pas uniquement à brûler les calories contenues dans le bol.

Il permet de préserver la masse musculaire, d’entretenir la mobilité, de stimuler les capacités cardiovasculaires et de maintenir le corps fonctionnel.

Et cette masse musculaire devient particulièrement précieuse lorsque l’animal vieillit.

Avec l’âge, les chiens et les chats peuvent progressivement perdre du muscle. Si on ajoute à cela de l’arthrose, de la douleur ou un excès de poids, certains mouvements deviennent plus difficiles.

Monter les escaliers.

Sauter sur le canapé.

Se relever après une longue sieste.

Continuer à se promener confortablement.

Ce sont des gestes ordinaires, jusqu’au jour où ils ne le sont plus.

Maintenir une activité physique adaptée tout au long de la vie, c’est donc aussi travailler à préserver cette autonomie le plus longtemps possible. 🩺


Mais tous les animaux n’ont pas besoin de la même activité

Faire bouger davantage son animal ne signifie pas nécessairement courir cinq kilomètres avec lui.

Et surtout, plus n’est pas toujours mieux.

Un jeune chien débordant d’énergie, un bouledogue, un chien sportif, un chien de 13 ans souffrant d’arthrose et un chat d’intérieur n’ont évidemment pas les mêmes besoins ni les mêmes capacités.

L’activité doit être adaptée à la morphologie, à l’âge, à la condition physique, aux problèmes médicaux et au tempérament de chaque animal.

Pour certains chiens, ce sera une longue randonnée.

Pour d’autres, plusieurs petites marches dans la journée seront beaucoup plus appropriées.

Un chien âgé peut profiter d’une promenade lente où on lui laisse le temps de sentir son environnement. Un autre appréciera la nage, lorsque sa condition physique le permet.

Et chez le chat, le mouvement prend encore une autre forme.

On ne lui demandera probablement pas de faire une marche de 45 minutes autour du quartier. On peut cependant recréer des occasions de grimper, bondir, poursuivre, explorer et « chasser ».

Quelques courtes séances de jeu réparties dans la journée peuvent déjà transformer son environnement.

L’objectif n’est donc pas d’atteindre un chiffre universel.

L’objectif est de faire bouger cet animal d’une façon qui correspond réellement à ses capacités et à ses besoins.


Bouger le corps, mais aussi stimuler le cerveau

Une promenade n’est pas uniquement intéressante parce qu’un chien avance.

Lorsqu’il s’arrête pour sentir un arbre pendant ce qui nous semble être une éternité, il est aussi en train d’explorer son environnement.

Et cette stimulation compte.

Varier les parcours, permettre l’exploration, chercher de la nourriture, résoudre un jeu interactif ou découvrir de nouveaux environnements sollicite le cerveau en même temps que le corps.

Chez le chat, on peut reproduire une partie de cette stimulation à la maison : nourriture à chercher, jouets interactifs, cachettes, tunnels, plateformes en hauteur ou courtes séances où il peut poursuivre une proie artificielle.

Le mouvement devient alors beaucoup plus qu’une dépense énergétique.

Il répond aussi à certains comportements naturels de l’animal. 🍃


Et parfois, la meilleure chose à faire est de se reposer

Il y a toutefois une autre moitié de l’équation dont on parle moins.

Le repos.

Un animal n’a pas besoin d’être stimulé du matin au soir pour être en santé.

Son organisme a aussi besoin de périodes où il peut récupérer, dormir et simplement ne rien faire.

Le sommeil participe à de nombreux processus physiologiques, et les besoins varient énormément selon l’âge, l’espèce et l’individu.

Un chiot ou un chaton peut dormir une grande partie de la journée. Un animal âgé peut lui aussi avoir besoin de davantage de repos.

Chercher constamment à « fatiguer » un animal très énergique peut même devenir contre-productif si on oublie de lui apprendre à retrouver son calme.

Encore une fois, je reviens à cette notion qui est centrale dans ma façon de voir la santé : l’équilibre. ⚖️

Bouger suffisamment. Être stimulé. Mais aussi pouvoir récupérer.


Le corps aime aussi une certaine régularité

L’organisme possède sa propre horloge biologique.

La lumière et l’obscurité, les périodes d’activité, le sommeil et les habitudes quotidiennes participent à la régulation de ce qu’on appelle le rythme circadien.

Il n’est évidemment pas nécessaire de transformer la journée de ton animal en horaire militaire.

Mais lui permettre d’avoir accès à la lumière naturelle, des périodes d’activité relativement régulières et suffisamment de moments de repos contribue à créer un environnement plus cohérent avec sa physiologie.

C’est une autre façon de voir la santé : parfois, on n’a rien à ajouter.

On doit simplement mieux respecter certains besoins fondamentaux.


Commencer par regarder sa journée

Si tu veux améliorer la santé physique de ton animal, je commencerais donc par observer une journée normale.

Combien de temps passe-t-il réellement à bouger?

A-t-il l’occasion de marcher, courir, grimper ou jouer selon les comportements naturels de son espèce?

Est-ce qu’il semble confortable lorsqu’il se déplace?

A-t-il pris du poids progressivement?

Hésite-t-il maintenant avant de monter un escalier ou de sauter à un endroit qu’il atteignait facilement auparavant?

Ces petits changements peuvent parfois être les premiers indices qu’il faut adapter son activité ou vérifier si une douleur est présente.

Et lorsqu’un animal est très sédentaire, en surpoids, âgé ou atteint d’une condition médicale, je préfère toujours une augmentation progressive de l’activité plutôt qu’un changement brutal.


Bouger aujourd’hui pour préserver demain

La santé physique ne se construit pas avec une séance d’exercice exceptionnelle une fois par semaine.

Elle se construit dans les mouvements ordinaires répétés pendant des années.

La promenade du matin.

Les quelques minutes de jeu avec le chat.

La sortie en forêt.

Le temps passé à explorer.

Les muscles que l’on continue d’utiliser en vieillissant.


Tout cela semble banal. Pourtant, accumulés au fil d’une vie, ces petits gestes participent à quelque chose de beaucoup plus grand : préserver la mobilité, l’autonomie et la qualité de vie de nos animaux le plus longtemps possible.


Parce que l’objectif n’est pas simplement qu’ils vivent longtemps.

C’est qu’ils puissent continuer à bien vivre pendant ces années. 🍃


À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle

Bilan Santé

Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.

Nutrition

Santé physique et métabolisme : bouger pour mieux vivre

Et si l’une des meilleures choses que tu pouvais offrir à ton animal ne se trouvait ni dans son bol, ni dans un supplément… mais simplement dans sa journée?

5 min de lecture

Illustration d’article du blogue Mon Vet Nature

Dre Eliane Marquis

Dre Eliane Marquis tient un chat gris et un bouquet de lavande au bord de l’eau

Et si l’une des meilleures choses que tu pouvais offrir à ton animal ne se trouvait ni dans son bol, ni dans un supplément… mais simplement dans sa journée?


Bouger.


Ça semble presque trop simple.

Pourtant, le mouvement influence une quantité impressionnante de mécanismes dans l’organisme : la masse musculaire, le poids, la mobilité, le métabolisme, la santé cardiovasculaire et même le bien-être mental.

Et lorsqu’on parle de santé à long terme, je pense qu’on sous-estime encore énormément son importance.


Nos animaux vivent-ils suffisamment activement?

La vie de nos animaux domestiques a beaucoup changé.

Un chien peut aujourd’hui passer une grande partie de sa journée à attendre le retour de ses humains. Un chat d’intérieur peut avoir accès à tout ce dont il a besoin sans parcourir plus que quelques mètres entre son bol, sa litière et son endroit préféré pour dormir.

Pendant ce temps, la nourriture est facilement accessible et souvent très appétente.

Petit à petit, un déséquilibre peut s’installer : beaucoup d’énergie consommée, mais relativement peu dépensée.

Et c’est là que le métabolisme entre dans l’équation.

Lorsque l’apport énergétique dépasse régulièrement les besoins de l’animal, le surplus est stocké. Le poids augmente progressivement et, parfois, tellement lentement qu’on finit par ne plus réellement le remarquer.

Quelques centaines de grammes peuvent sembler insignifiantes pour nous. Pour un petit chien ou un chat, elles peuvent représenter une proportion importante de son poids.

Et l’excès de poids n’est pas seulement une question d’apparence. ⚖️

Le tissu adipeux est biologiquement actif et peut participer à différents mécanismes inflammatoires. Un surplus de poids peut également augmenter les contraintes exercées sur les articulations et rendre progressivement le mouvement plus difficile.

C’est alors qu’un cercle vicieux peut commencer.

L’animal bouge moins parce que bouger devient plus exigeant. Comme il bouge moins, il dépense moins d’énergie. Et puisqu’il dépense moins d’énergie, la prise de poids peut continuer.


Le mouvement fait beaucoup plus que brûler des calories

C’est probablement l’une des idées que j’aimerais le plus changer lorsqu’on parle d’activité physique.

On associe énormément l’exercice au poids.

« Mon chien a pris du poids, je vais le faire marcher davantage. »

Mais le mouvement ne sert pas uniquement à brûler les calories contenues dans le bol.

Il permet de préserver la masse musculaire, d’entretenir la mobilité, de stimuler les capacités cardiovasculaires et de maintenir le corps fonctionnel.

Et cette masse musculaire devient particulièrement précieuse lorsque l’animal vieillit.

Avec l’âge, les chiens et les chats peuvent progressivement perdre du muscle. Si on ajoute à cela de l’arthrose, de la douleur ou un excès de poids, certains mouvements deviennent plus difficiles.

Monter les escaliers.

Sauter sur le canapé.

Se relever après une longue sieste.

Continuer à se promener confortablement.

Ce sont des gestes ordinaires, jusqu’au jour où ils ne le sont plus.

Maintenir une activité physique adaptée tout au long de la vie, c’est donc aussi travailler à préserver cette autonomie le plus longtemps possible. 🩺


Mais tous les animaux n’ont pas besoin de la même activité

Faire bouger davantage son animal ne signifie pas nécessairement courir cinq kilomètres avec lui.

Et surtout, plus n’est pas toujours mieux.

Un jeune chien débordant d’énergie, un bouledogue, un chien sportif, un chien de 13 ans souffrant d’arthrose et un chat d’intérieur n’ont évidemment pas les mêmes besoins ni les mêmes capacités.

L’activité doit être adaptée à la morphologie, à l’âge, à la condition physique, aux problèmes médicaux et au tempérament de chaque animal.

Pour certains chiens, ce sera une longue randonnée.

Pour d’autres, plusieurs petites marches dans la journée seront beaucoup plus appropriées.

Un chien âgé peut profiter d’une promenade lente où on lui laisse le temps de sentir son environnement. Un autre appréciera la nage, lorsque sa condition physique le permet.

Et chez le chat, le mouvement prend encore une autre forme.

On ne lui demandera probablement pas de faire une marche de 45 minutes autour du quartier. On peut cependant recréer des occasions de grimper, bondir, poursuivre, explorer et « chasser ».

Quelques courtes séances de jeu réparties dans la journée peuvent déjà transformer son environnement.

L’objectif n’est donc pas d’atteindre un chiffre universel.

L’objectif est de faire bouger cet animal d’une façon qui correspond réellement à ses capacités et à ses besoins.


Bouger le corps, mais aussi stimuler le cerveau

Une promenade n’est pas uniquement intéressante parce qu’un chien avance.

Lorsqu’il s’arrête pour sentir un arbre pendant ce qui nous semble être une éternité, il est aussi en train d’explorer son environnement.

Et cette stimulation compte.

Varier les parcours, permettre l’exploration, chercher de la nourriture, résoudre un jeu interactif ou découvrir de nouveaux environnements sollicite le cerveau en même temps que le corps.

Chez le chat, on peut reproduire une partie de cette stimulation à la maison : nourriture à chercher, jouets interactifs, cachettes, tunnels, plateformes en hauteur ou courtes séances où il peut poursuivre une proie artificielle.

Le mouvement devient alors beaucoup plus qu’une dépense énergétique.

Il répond aussi à certains comportements naturels de l’animal. 🍃


Et parfois, la meilleure chose à faire est de se reposer

Il y a toutefois une autre moitié de l’équation dont on parle moins.

Le repos.

Un animal n’a pas besoin d’être stimulé du matin au soir pour être en santé.

Son organisme a aussi besoin de périodes où il peut récupérer, dormir et simplement ne rien faire.

Le sommeil participe à de nombreux processus physiologiques, et les besoins varient énormément selon l’âge, l’espèce et l’individu.

Un chiot ou un chaton peut dormir une grande partie de la journée. Un animal âgé peut lui aussi avoir besoin de davantage de repos.

Chercher constamment à « fatiguer » un animal très énergique peut même devenir contre-productif si on oublie de lui apprendre à retrouver son calme.

Encore une fois, je reviens à cette notion qui est centrale dans ma façon de voir la santé : l’équilibre. ⚖️

Bouger suffisamment. Être stimulé. Mais aussi pouvoir récupérer.


Le corps aime aussi une certaine régularité

L’organisme possède sa propre horloge biologique.

La lumière et l’obscurité, les périodes d’activité, le sommeil et les habitudes quotidiennes participent à la régulation de ce qu’on appelle le rythme circadien.

Il n’est évidemment pas nécessaire de transformer la journée de ton animal en horaire militaire.

Mais lui permettre d’avoir accès à la lumière naturelle, des périodes d’activité relativement régulières et suffisamment de moments de repos contribue à créer un environnement plus cohérent avec sa physiologie.

C’est une autre façon de voir la santé : parfois, on n’a rien à ajouter.

On doit simplement mieux respecter certains besoins fondamentaux.


Commencer par regarder sa journée

Si tu veux améliorer la santé physique de ton animal, je commencerais donc par observer une journée normale.

Combien de temps passe-t-il réellement à bouger?

A-t-il l’occasion de marcher, courir, grimper ou jouer selon les comportements naturels de son espèce?

Est-ce qu’il semble confortable lorsqu’il se déplace?

A-t-il pris du poids progressivement?

Hésite-t-il maintenant avant de monter un escalier ou de sauter à un endroit qu’il atteignait facilement auparavant?

Ces petits changements peuvent parfois être les premiers indices qu’il faut adapter son activité ou vérifier si une douleur est présente.

Et lorsqu’un animal est très sédentaire, en surpoids, âgé ou atteint d’une condition médicale, je préfère toujours une augmentation progressive de l’activité plutôt qu’un changement brutal.


Bouger aujourd’hui pour préserver demain

La santé physique ne se construit pas avec une séance d’exercice exceptionnelle une fois par semaine.

Elle se construit dans les mouvements ordinaires répétés pendant des années.

La promenade du matin.

Les quelques minutes de jeu avec le chat.

La sortie en forêt.

Le temps passé à explorer.

Les muscles que l’on continue d’utiliser en vieillissant.


Tout cela semble banal. Pourtant, accumulés au fil d’une vie, ces petits gestes participent à quelque chose de beaucoup plus grand : préserver la mobilité, l’autonomie et la qualité de vie de nos animaux le plus longtemps possible.


Parce que l’objectif n’est pas simplement qu’ils vivent longtemps.

C’est qu’ils puissent continuer à bien vivre pendant ces années. 🍃


À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle

Bilan Santé

Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.

Nutrition

Santé physique et métabolisme : bouger pour mieux vivre

Et si l’une des meilleures choses que tu pouvais offrir à ton animal ne se trouvait ni dans son bol, ni dans un supplément… mais simplement dans sa journée?

5 min de lecture

Illustration d’article du blogue Mon Vet Nature

Dre Eliane Marquis

Dre Eliane Marquis tient un chat gris et un bouquet de lavande au bord de l’eau

Et si l’une des meilleures choses que tu pouvais offrir à ton animal ne se trouvait ni dans son bol, ni dans un supplément… mais simplement dans sa journée?


Bouger.


Ça semble presque trop simple.

Pourtant, le mouvement influence une quantité impressionnante de mécanismes dans l’organisme : la masse musculaire, le poids, la mobilité, le métabolisme, la santé cardiovasculaire et même le bien-être mental.

Et lorsqu’on parle de santé à long terme, je pense qu’on sous-estime encore énormément son importance.


Nos animaux vivent-ils suffisamment activement?

La vie de nos animaux domestiques a beaucoup changé.

Un chien peut aujourd’hui passer une grande partie de sa journée à attendre le retour de ses humains. Un chat d’intérieur peut avoir accès à tout ce dont il a besoin sans parcourir plus que quelques mètres entre son bol, sa litière et son endroit préféré pour dormir.

Pendant ce temps, la nourriture est facilement accessible et souvent très appétente.

Petit à petit, un déséquilibre peut s’installer : beaucoup d’énergie consommée, mais relativement peu dépensée.

Et c’est là que le métabolisme entre dans l’équation.

Lorsque l’apport énergétique dépasse régulièrement les besoins de l’animal, le surplus est stocké. Le poids augmente progressivement et, parfois, tellement lentement qu’on finit par ne plus réellement le remarquer.

Quelques centaines de grammes peuvent sembler insignifiantes pour nous. Pour un petit chien ou un chat, elles peuvent représenter une proportion importante de son poids.

Et l’excès de poids n’est pas seulement une question d’apparence. ⚖️

Le tissu adipeux est biologiquement actif et peut participer à différents mécanismes inflammatoires. Un surplus de poids peut également augmenter les contraintes exercées sur les articulations et rendre progressivement le mouvement plus difficile.

C’est alors qu’un cercle vicieux peut commencer.

L’animal bouge moins parce que bouger devient plus exigeant. Comme il bouge moins, il dépense moins d’énergie. Et puisqu’il dépense moins d’énergie, la prise de poids peut continuer.


Le mouvement fait beaucoup plus que brûler des calories

C’est probablement l’une des idées que j’aimerais le plus changer lorsqu’on parle d’activité physique.

On associe énormément l’exercice au poids.

« Mon chien a pris du poids, je vais le faire marcher davantage. »

Mais le mouvement ne sert pas uniquement à brûler les calories contenues dans le bol.

Il permet de préserver la masse musculaire, d’entretenir la mobilité, de stimuler les capacités cardiovasculaires et de maintenir le corps fonctionnel.

Et cette masse musculaire devient particulièrement précieuse lorsque l’animal vieillit.

Avec l’âge, les chiens et les chats peuvent progressivement perdre du muscle. Si on ajoute à cela de l’arthrose, de la douleur ou un excès de poids, certains mouvements deviennent plus difficiles.

Monter les escaliers.

Sauter sur le canapé.

Se relever après une longue sieste.

Continuer à se promener confortablement.

Ce sont des gestes ordinaires, jusqu’au jour où ils ne le sont plus.

Maintenir une activité physique adaptée tout au long de la vie, c’est donc aussi travailler à préserver cette autonomie le plus longtemps possible. 🩺


Mais tous les animaux n’ont pas besoin de la même activité

Faire bouger davantage son animal ne signifie pas nécessairement courir cinq kilomètres avec lui.

Et surtout, plus n’est pas toujours mieux.

Un jeune chien débordant d’énergie, un bouledogue, un chien sportif, un chien de 13 ans souffrant d’arthrose et un chat d’intérieur n’ont évidemment pas les mêmes besoins ni les mêmes capacités.

L’activité doit être adaptée à la morphologie, à l’âge, à la condition physique, aux problèmes médicaux et au tempérament de chaque animal.

Pour certains chiens, ce sera une longue randonnée.

Pour d’autres, plusieurs petites marches dans la journée seront beaucoup plus appropriées.

Un chien âgé peut profiter d’une promenade lente où on lui laisse le temps de sentir son environnement. Un autre appréciera la nage, lorsque sa condition physique le permet.

Et chez le chat, le mouvement prend encore une autre forme.

On ne lui demandera probablement pas de faire une marche de 45 minutes autour du quartier. On peut cependant recréer des occasions de grimper, bondir, poursuivre, explorer et « chasser ».

Quelques courtes séances de jeu réparties dans la journée peuvent déjà transformer son environnement.

L’objectif n’est donc pas d’atteindre un chiffre universel.

L’objectif est de faire bouger cet animal d’une façon qui correspond réellement à ses capacités et à ses besoins.


Bouger le corps, mais aussi stimuler le cerveau

Une promenade n’est pas uniquement intéressante parce qu’un chien avance.

Lorsqu’il s’arrête pour sentir un arbre pendant ce qui nous semble être une éternité, il est aussi en train d’explorer son environnement.

Et cette stimulation compte.

Varier les parcours, permettre l’exploration, chercher de la nourriture, résoudre un jeu interactif ou découvrir de nouveaux environnements sollicite le cerveau en même temps que le corps.

Chez le chat, on peut reproduire une partie de cette stimulation à la maison : nourriture à chercher, jouets interactifs, cachettes, tunnels, plateformes en hauteur ou courtes séances où il peut poursuivre une proie artificielle.

Le mouvement devient alors beaucoup plus qu’une dépense énergétique.

Il répond aussi à certains comportements naturels de l’animal. 🍃


Et parfois, la meilleure chose à faire est de se reposer

Il y a toutefois une autre moitié de l’équation dont on parle moins.

Le repos.

Un animal n’a pas besoin d’être stimulé du matin au soir pour être en santé.

Son organisme a aussi besoin de périodes où il peut récupérer, dormir et simplement ne rien faire.

Le sommeil participe à de nombreux processus physiologiques, et les besoins varient énormément selon l’âge, l’espèce et l’individu.

Un chiot ou un chaton peut dormir une grande partie de la journée. Un animal âgé peut lui aussi avoir besoin de davantage de repos.

Chercher constamment à « fatiguer » un animal très énergique peut même devenir contre-productif si on oublie de lui apprendre à retrouver son calme.

Encore une fois, je reviens à cette notion qui est centrale dans ma façon de voir la santé : l’équilibre. ⚖️

Bouger suffisamment. Être stimulé. Mais aussi pouvoir récupérer.


Le corps aime aussi une certaine régularité

L’organisme possède sa propre horloge biologique.

La lumière et l’obscurité, les périodes d’activité, le sommeil et les habitudes quotidiennes participent à la régulation de ce qu’on appelle le rythme circadien.

Il n’est évidemment pas nécessaire de transformer la journée de ton animal en horaire militaire.

Mais lui permettre d’avoir accès à la lumière naturelle, des périodes d’activité relativement régulières et suffisamment de moments de repos contribue à créer un environnement plus cohérent avec sa physiologie.

C’est une autre façon de voir la santé : parfois, on n’a rien à ajouter.

On doit simplement mieux respecter certains besoins fondamentaux.


Commencer par regarder sa journée

Si tu veux améliorer la santé physique de ton animal, je commencerais donc par observer une journée normale.

Combien de temps passe-t-il réellement à bouger?

A-t-il l’occasion de marcher, courir, grimper ou jouer selon les comportements naturels de son espèce?

Est-ce qu’il semble confortable lorsqu’il se déplace?

A-t-il pris du poids progressivement?

Hésite-t-il maintenant avant de monter un escalier ou de sauter à un endroit qu’il atteignait facilement auparavant?

Ces petits changements peuvent parfois être les premiers indices qu’il faut adapter son activité ou vérifier si une douleur est présente.

Et lorsqu’un animal est très sédentaire, en surpoids, âgé ou atteint d’une condition médicale, je préfère toujours une augmentation progressive de l’activité plutôt qu’un changement brutal.


Bouger aujourd’hui pour préserver demain

La santé physique ne se construit pas avec une séance d’exercice exceptionnelle une fois par semaine.

Elle se construit dans les mouvements ordinaires répétés pendant des années.

La promenade du matin.

Les quelques minutes de jeu avec le chat.

La sortie en forêt.

Le temps passé à explorer.

Les muscles que l’on continue d’utiliser en vieillissant.


Tout cela semble banal. Pourtant, accumulés au fil d’une vie, ces petits gestes participent à quelque chose de beaucoup plus grand : préserver la mobilité, l’autonomie et la qualité de vie de nos animaux le plus longtemps possible.


Parce que l’objectif n’est pas simplement qu’ils vivent longtemps.

C’est qu’ils puissent continuer à bien vivre pendant ces années. 🍃


À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle

Bilan Santé

Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.