Faire vivre son animal plus longtemps… mais surtout plus longtemps en santé
On souhaite tous la même chose lorsqu’on partage sa vie avec un animal.
7 min de lecture

Dre Eliane Marquis

On souhaite tous la même chose lorsqu’on partage sa vie avec un animal.
Qu’il reste avec nous le plus longtemps possible.
Mais si je te proposais de choisir entre deux années supplémentaires marquées par la douleur, une perte importante de mobilité et une diminution de l’autonomie… ou deux années pendant lesquelles ton animal peut encore marcher confortablement, jouer, interagir avec toi et profiter de son quotidien?
La réponse semble évidente.
Et pourtant, lorsqu’on parle de longévité animale, on regarde encore énormément un seul chiffre : l’âge atteint par l’animal.
Il existe une autre façon de mesurer le vieillissement que je trouve beaucoup plus intéressante.
Ce n’est pas seulement combien de temps un animal vit.
C’est combien de temps il vit en santé.
Vivre longtemps et vieillir en santé sont deux choses différentes
En recherche sur le vieillissement, on distingue de plus en plus deux concepts.
Le premier est le lifespan : l'espérance ou la durée de vie.
Le deuxième est le healthspan : la période pendant laquelle l'individu conserve une bonne santé, ses capacités fonctionnelles et une qualité de vie satisfaisante.
Cette distinction est fondamentale.
Parce que notre objectif ne devrait pas simplement être d'ajouter des années à la vie de nos animaux.
On veut aussi ajouter de la vie à ces années.
Pouvoir encore monter les escaliers.
Partir en promenade.
Sauter sur son endroit préféré.
Explorer.
Interagir avec sa famille.
Manger avec plaisir.
Et conserver suffisamment de capacités physiques et cognitives pour continuer à profiter de son environnement.
C'est cette longévité fonctionnelle qui m'intéresse particulièrement. 🍃
Vieillir n'est pas une maladie
Il y a cependant quelque chose d'important à comprendre.
On ne peut pas empêcher un animal de vieillir.
Avec les années, son organisme change. Son métabolisme évolue. Sa masse musculaire peut diminuer. Ses articulations peuvent devenir moins mobiles. Certaines fonctions cognitives peuvent se modifier.
Tout cela fait partie du vieillissement.
Mais vieillissement ne signifie pas automatiquement maladie.
Et surtout, tous les animaux ne vieillissent pas exactement de la même façon.
Deux chiens du même âge peuvent présenter des portraits complètement différents.
L'un peut encore marcher plusieurs kilomètres, conserver une bonne masse musculaire et être extrêmement engagé dans son environnement.
L'autre peut présenter de l'embonpoint, avoir perdu beaucoup de muscles et avoir progressivement diminué ses activités.
Sur leur dossier médical, ils ont peut-être tous les deux 11 ans.
Biologiquement et fonctionnellement, leur vieillissement peut pourtant être très différent.
L'âge inscrit sur son dossier ne raconte donc pas toute l'histoire
C'est là qu'une distinction particulièrement intéressante apparaît : l'âge chronologique et l'âge biologique.
L'âge chronologique est facile à calculer.
Ton animal est né il y a dix ans? Il a dix ans.
L'âge biologique est beaucoup plus complexe.
Il cherche plutôt à comprendre comment l'organisme vieillit réellement.
Les chercheurs s'intéressent aujourd'hui à différents changements associés au vieillissement : inflammation chronique de faible intensité, fonction mitochondriale, modifications immunitaires, perte musculaire, cognition et même certaines modifications épigénétiques. 🔬
Nous ne sommes évidemment pas rendus au point où chaque chien et chaque chat reçoit un « âge biologique » précis pendant son examen annuel.
Mais cette façon de réfléchir change quelque chose d'essentiel.
Elle nous rappelle que le vieillissement est influencé par beaucoup plus que le passage du temps.
Une partie du vieillissement se construit dans le quotidien
La génétique joue évidemment un rôle.
La race aussi.
Certaines maladies apparaîtront malgré tous les efforts du monde.
Mais le mode de vie fait lui aussi partie de l'équation.
Une importante revue scientifique publiée en 2025 s'est justement intéressée aux facteurs associés au vieillissement en santé chez les chiens et les chats.
Et lorsqu'on regarde les domaines étudiés, quelque chose devient évident.
Ce ne sont pas nécessairement des interventions extraordinaires.
Ce sont souvent les mêmes piliers qui reviennent :
l'alimentation;
le maintien d'un poids approprié;
l'activité physique;
la masse musculaire;
la santé intestinale;
le sommeil;
le stress;
les interactions sociales;
l'environnement;
et les soins vétérinaires préventifs.
Autrement dit, une partie de la façon dont un animal vieillira peut être influencée par ce qui se répète… tous les jours pendant des années.
Le poids d'aujourd'hui peut influencer la mobilité de demain
Prenons simplement le poids.
Quelques kilos supplémentaires peuvent sembler relativement anodins lorsqu'un chien est jeune et actif.
Mais le tissu adipeux n'est pas simplement une réserve passive d'énergie.
Il participe également à différents mécanismes hormonaux et inflammatoires. ⚖️
Avec le temps, l'excès de poids peut aussi augmenter les contraintes exercées sur les articulations.
L'animal devient moins confortable.
Il bouge moins.
En bougeant moins, il peut perdre progressivement de la masse musculaire.
Et moins il possède de muscles, plus certains mouvements deviennent difficiles.
On comprend alors pourquoi la prévention devient tellement intéressante.
On ne travaille plus seulement à faire perdre du poids à un chien de 12 ans qui éprouve déjà des difficultés à se lever.
On cherche à préserver une bonne condition corporelle et une bonne masse musculaire bien avant d'en arriver là.
Les muscles sont une réserve de santé
On parle énormément du poids de nos animaux.
Beaucoup moins de leurs muscles.
Pourtant, avec l'âge, la préservation de la masse musculaire devient particulièrement importante.
La perte progressive de muscle associée au vieillissement porte un nom : la sarcopénie.
Et elle peut passer relativement inaperçue.
Un animal peut même conserver un poids similaire sur la balance tout en perdant du muscle et en gagnant proportionnellement davantage de graisse.
Voilà pourquoi le chiffre affiché sur une balance ne raconte pas toute l'histoire.
Lors des suivis vétérinaires, l'évaluation de la condition corporelle, mais aussi de la condition musculaire, devient particulièrement intéressante chez les animaux vieillissants.
Parce que préserver les muscles, c'est aussi préserver une partie de leur capacité à continuer à bouger.
Il ne faut pas attendre qu'il soit « vieux »
C'est probablement le changement de perspective que je trouve le plus important.
La médecine du vieillissement ne devrait pas commencer lorsque l'animal est déjà très âgé.
Parce qu'à ce moment-là, plusieurs changements sont parfois installés depuis longtemps.
Un chien ne perd généralement pas une quantité importante de muscles en une nuit.
Un chat ne devient pas obèse en une semaine.
La mobilité ne diminue pas toujours brutalement.
La cognition ne change pas nécessairement du jour au lendemain.
Ces transformations peuvent être progressives.
Tellement progressives qu'on finit parfois par les considérer comme normales.
« Il ralentit parce qu'il vieillit. »
« Elle dort beaucoup parce qu'elle est vieille. »
« Il ne monte plus les escaliers, mais à son âge, c'est normal. »
Peut-être.
Mais peut-être aussi qu'il a mal.
Peut-être qu'il a perdu de la masse musculaire.
Peut-être qu'une maladie commence à se développer.
C'est précisément pour cette raison que les suivis préventifs deviennent particulièrement importants avant et pendant les années seniors. 🩺
La longévité ne se trouve probablement pas dans une pilule miracle
La recherche sur le vieillissement explore actuellement des pistes fascinantes.
Biomarqueurs.
Épigénétique.
Fonction mitochondriale.
Nouvelles molécules.
Interventions nutritionnelles.
Médecine personnalisée.
Et il est fort possible que notre façon d'accompagner les animaux vieillissants évolue énormément dans les prochaines années.
Mais pendant que la science cherche comment intervenir sur les mécanismes mêmes du vieillissement, nous possédons déjà plusieurs leviers beaucoup moins futuristes.
Maintenir un poids approprié.
Préserver les muscles.
Faire bouger son animal selon ses capacités.
Adapter son alimentation à ses besoins.
Surveiller les changements de comportement.
Prendre soin de son environnement.
Et ne pas attendre qu'une maladie soit avancée avant de consulter.
Ce ne sont pas des promesses d'immortalité.
Ce sont simplement des façons de donner à l'organisme de meilleures conditions pour traverser les années.
Je ne veux pas seulement que nos animaux vivent plus vieux
Je veux qu'un chien de 12 ans puisse encore avoir envie de sortir lorsque sa laisse apparaît.
Qu'un chat âgé puisse continuer à rejoindre confortablement son endroit préféré.
Qu'ils puissent conserver leurs muscles, leur mobilité, leur curiosité et leurs interactions le plus longtemps possible.
Évidemment, nous ne contrôlerons jamais tout.
La génétique existe.
Les accidents existent.
Les maladies existent.
Mais entre « tout contrôler » et « ne rien pouvoir faire », il existe énormément d'espace pour la prévention.
Et c'est probablement là que se trouve l'une des évolutions les plus intéressantes de la médecine vétérinaire moderne :
ne plus simplement demander comment faire vivre nos animaux plus longtemps, mais comment les aider à rester en santé pendant une plus grande partie de leur vie. 🍃
À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle
Référence scientifique
Oh WS, Armstrong PJ, Han HJ. Lifestyle factors affecting aging and healthspan in dogs and cats. Journal of Veterinary Science, 2025. Consulter l’étude
Le contenu présenté ne constitue pas un avis vétérinaire et ne remplace pas une consultation adaptée à la situation particulière d’un animal.
Bilan Santé
Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.
Faire vivre son animal plus longtemps… mais surtout plus longtemps en santé
On souhaite tous la même chose lorsqu’on partage sa vie avec un animal.
7 min de lecture

Dre Eliane Marquis

On souhaite tous la même chose lorsqu’on partage sa vie avec un animal.
Qu’il reste avec nous le plus longtemps possible.
Mais si je te proposais de choisir entre deux années supplémentaires marquées par la douleur, une perte importante de mobilité et une diminution de l’autonomie… ou deux années pendant lesquelles ton animal peut encore marcher confortablement, jouer, interagir avec toi et profiter de son quotidien?
La réponse semble évidente.
Et pourtant, lorsqu’on parle de longévité animale, on regarde encore énormément un seul chiffre : l’âge atteint par l’animal.
Il existe une autre façon de mesurer le vieillissement que je trouve beaucoup plus intéressante.
Ce n’est pas seulement combien de temps un animal vit.
C’est combien de temps il vit en santé.
Vivre longtemps et vieillir en santé sont deux choses différentes
En recherche sur le vieillissement, on distingue de plus en plus deux concepts.
Le premier est le lifespan : l'espérance ou la durée de vie.
Le deuxième est le healthspan : la période pendant laquelle l'individu conserve une bonne santé, ses capacités fonctionnelles et une qualité de vie satisfaisante.
Cette distinction est fondamentale.
Parce que notre objectif ne devrait pas simplement être d'ajouter des années à la vie de nos animaux.
On veut aussi ajouter de la vie à ces années.
Pouvoir encore monter les escaliers.
Partir en promenade.
Sauter sur son endroit préféré.
Explorer.
Interagir avec sa famille.
Manger avec plaisir.
Et conserver suffisamment de capacités physiques et cognitives pour continuer à profiter de son environnement.
C'est cette longévité fonctionnelle qui m'intéresse particulièrement. 🍃
Vieillir n'est pas une maladie
Il y a cependant quelque chose d'important à comprendre.
On ne peut pas empêcher un animal de vieillir.
Avec les années, son organisme change. Son métabolisme évolue. Sa masse musculaire peut diminuer. Ses articulations peuvent devenir moins mobiles. Certaines fonctions cognitives peuvent se modifier.
Tout cela fait partie du vieillissement.
Mais vieillissement ne signifie pas automatiquement maladie.
Et surtout, tous les animaux ne vieillissent pas exactement de la même façon.
Deux chiens du même âge peuvent présenter des portraits complètement différents.
L'un peut encore marcher plusieurs kilomètres, conserver une bonne masse musculaire et être extrêmement engagé dans son environnement.
L'autre peut présenter de l'embonpoint, avoir perdu beaucoup de muscles et avoir progressivement diminué ses activités.
Sur leur dossier médical, ils ont peut-être tous les deux 11 ans.
Biologiquement et fonctionnellement, leur vieillissement peut pourtant être très différent.
L'âge inscrit sur son dossier ne raconte donc pas toute l'histoire
C'est là qu'une distinction particulièrement intéressante apparaît : l'âge chronologique et l'âge biologique.
L'âge chronologique est facile à calculer.
Ton animal est né il y a dix ans? Il a dix ans.
L'âge biologique est beaucoup plus complexe.
Il cherche plutôt à comprendre comment l'organisme vieillit réellement.
Les chercheurs s'intéressent aujourd'hui à différents changements associés au vieillissement : inflammation chronique de faible intensité, fonction mitochondriale, modifications immunitaires, perte musculaire, cognition et même certaines modifications épigénétiques. 🔬
Nous ne sommes évidemment pas rendus au point où chaque chien et chaque chat reçoit un « âge biologique » précis pendant son examen annuel.
Mais cette façon de réfléchir change quelque chose d'essentiel.
Elle nous rappelle que le vieillissement est influencé par beaucoup plus que le passage du temps.
Une partie du vieillissement se construit dans le quotidien
La génétique joue évidemment un rôle.
La race aussi.
Certaines maladies apparaîtront malgré tous les efforts du monde.
Mais le mode de vie fait lui aussi partie de l'équation.
Une importante revue scientifique publiée en 2025 s'est justement intéressée aux facteurs associés au vieillissement en santé chez les chiens et les chats.
Et lorsqu'on regarde les domaines étudiés, quelque chose devient évident.
Ce ne sont pas nécessairement des interventions extraordinaires.
Ce sont souvent les mêmes piliers qui reviennent :
l'alimentation;
le maintien d'un poids approprié;
l'activité physique;
la masse musculaire;
la santé intestinale;
le sommeil;
le stress;
les interactions sociales;
l'environnement;
et les soins vétérinaires préventifs.
Autrement dit, une partie de la façon dont un animal vieillira peut être influencée par ce qui se répète… tous les jours pendant des années.
Le poids d'aujourd'hui peut influencer la mobilité de demain
Prenons simplement le poids.
Quelques kilos supplémentaires peuvent sembler relativement anodins lorsqu'un chien est jeune et actif.
Mais le tissu adipeux n'est pas simplement une réserve passive d'énergie.
Il participe également à différents mécanismes hormonaux et inflammatoires. ⚖️
Avec le temps, l'excès de poids peut aussi augmenter les contraintes exercées sur les articulations.
L'animal devient moins confortable.
Il bouge moins.
En bougeant moins, il peut perdre progressivement de la masse musculaire.
Et moins il possède de muscles, plus certains mouvements deviennent difficiles.
On comprend alors pourquoi la prévention devient tellement intéressante.
On ne travaille plus seulement à faire perdre du poids à un chien de 12 ans qui éprouve déjà des difficultés à se lever.
On cherche à préserver une bonne condition corporelle et une bonne masse musculaire bien avant d'en arriver là.
Les muscles sont une réserve de santé
On parle énormément du poids de nos animaux.
Beaucoup moins de leurs muscles.
Pourtant, avec l'âge, la préservation de la masse musculaire devient particulièrement importante.
La perte progressive de muscle associée au vieillissement porte un nom : la sarcopénie.
Et elle peut passer relativement inaperçue.
Un animal peut même conserver un poids similaire sur la balance tout en perdant du muscle et en gagnant proportionnellement davantage de graisse.
Voilà pourquoi le chiffre affiché sur une balance ne raconte pas toute l'histoire.
Lors des suivis vétérinaires, l'évaluation de la condition corporelle, mais aussi de la condition musculaire, devient particulièrement intéressante chez les animaux vieillissants.
Parce que préserver les muscles, c'est aussi préserver une partie de leur capacité à continuer à bouger.
Il ne faut pas attendre qu'il soit « vieux »
C'est probablement le changement de perspective que je trouve le plus important.
La médecine du vieillissement ne devrait pas commencer lorsque l'animal est déjà très âgé.
Parce qu'à ce moment-là, plusieurs changements sont parfois installés depuis longtemps.
Un chien ne perd généralement pas une quantité importante de muscles en une nuit.
Un chat ne devient pas obèse en une semaine.
La mobilité ne diminue pas toujours brutalement.
La cognition ne change pas nécessairement du jour au lendemain.
Ces transformations peuvent être progressives.
Tellement progressives qu'on finit parfois par les considérer comme normales.
« Il ralentit parce qu'il vieillit. »
« Elle dort beaucoup parce qu'elle est vieille. »
« Il ne monte plus les escaliers, mais à son âge, c'est normal. »
Peut-être.
Mais peut-être aussi qu'il a mal.
Peut-être qu'il a perdu de la masse musculaire.
Peut-être qu'une maladie commence à se développer.
C'est précisément pour cette raison que les suivis préventifs deviennent particulièrement importants avant et pendant les années seniors. 🩺
La longévité ne se trouve probablement pas dans une pilule miracle
La recherche sur le vieillissement explore actuellement des pistes fascinantes.
Biomarqueurs.
Épigénétique.
Fonction mitochondriale.
Nouvelles molécules.
Interventions nutritionnelles.
Médecine personnalisée.
Et il est fort possible que notre façon d'accompagner les animaux vieillissants évolue énormément dans les prochaines années.
Mais pendant que la science cherche comment intervenir sur les mécanismes mêmes du vieillissement, nous possédons déjà plusieurs leviers beaucoup moins futuristes.
Maintenir un poids approprié.
Préserver les muscles.
Faire bouger son animal selon ses capacités.
Adapter son alimentation à ses besoins.
Surveiller les changements de comportement.
Prendre soin de son environnement.
Et ne pas attendre qu'une maladie soit avancée avant de consulter.
Ce ne sont pas des promesses d'immortalité.
Ce sont simplement des façons de donner à l'organisme de meilleures conditions pour traverser les années.
Je ne veux pas seulement que nos animaux vivent plus vieux
Je veux qu'un chien de 12 ans puisse encore avoir envie de sortir lorsque sa laisse apparaît.
Qu'un chat âgé puisse continuer à rejoindre confortablement son endroit préféré.
Qu'ils puissent conserver leurs muscles, leur mobilité, leur curiosité et leurs interactions le plus longtemps possible.
Évidemment, nous ne contrôlerons jamais tout.
La génétique existe.
Les accidents existent.
Les maladies existent.
Mais entre « tout contrôler » et « ne rien pouvoir faire », il existe énormément d'espace pour la prévention.
Et c'est probablement là que se trouve l'une des évolutions les plus intéressantes de la médecine vétérinaire moderne :
ne plus simplement demander comment faire vivre nos animaux plus longtemps, mais comment les aider à rester en santé pendant une plus grande partie de leur vie. 🍃
À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle
Référence scientifique
Oh WS, Armstrong PJ, Han HJ. Lifestyle factors affecting aging and healthspan in dogs and cats. Journal of Veterinary Science, 2025. Consulter l’étude
Le contenu présenté ne constitue pas un avis vétérinaire et ne remplace pas une consultation adaptée à la situation particulière d’un animal.
Bilan Santé
Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.
Faire vivre son animal plus longtemps… mais surtout plus longtemps en santé
On souhaite tous la même chose lorsqu’on partage sa vie avec un animal.
7 min de lecture

Dre Eliane Marquis

On souhaite tous la même chose lorsqu’on partage sa vie avec un animal.
Qu’il reste avec nous le plus longtemps possible.
Mais si je te proposais de choisir entre deux années supplémentaires marquées par la douleur, une perte importante de mobilité et une diminution de l’autonomie… ou deux années pendant lesquelles ton animal peut encore marcher confortablement, jouer, interagir avec toi et profiter de son quotidien?
La réponse semble évidente.
Et pourtant, lorsqu’on parle de longévité animale, on regarde encore énormément un seul chiffre : l’âge atteint par l’animal.
Il existe une autre façon de mesurer le vieillissement que je trouve beaucoup plus intéressante.
Ce n’est pas seulement combien de temps un animal vit.
C’est combien de temps il vit en santé.
Vivre longtemps et vieillir en santé sont deux choses différentes
En recherche sur le vieillissement, on distingue de plus en plus deux concepts.
Le premier est le lifespan : l'espérance ou la durée de vie.
Le deuxième est le healthspan : la période pendant laquelle l'individu conserve une bonne santé, ses capacités fonctionnelles et une qualité de vie satisfaisante.
Cette distinction est fondamentale.
Parce que notre objectif ne devrait pas simplement être d'ajouter des années à la vie de nos animaux.
On veut aussi ajouter de la vie à ces années.
Pouvoir encore monter les escaliers.
Partir en promenade.
Sauter sur son endroit préféré.
Explorer.
Interagir avec sa famille.
Manger avec plaisir.
Et conserver suffisamment de capacités physiques et cognitives pour continuer à profiter de son environnement.
C'est cette longévité fonctionnelle qui m'intéresse particulièrement. 🍃
Vieillir n'est pas une maladie
Il y a cependant quelque chose d'important à comprendre.
On ne peut pas empêcher un animal de vieillir.
Avec les années, son organisme change. Son métabolisme évolue. Sa masse musculaire peut diminuer. Ses articulations peuvent devenir moins mobiles. Certaines fonctions cognitives peuvent se modifier.
Tout cela fait partie du vieillissement.
Mais vieillissement ne signifie pas automatiquement maladie.
Et surtout, tous les animaux ne vieillissent pas exactement de la même façon.
Deux chiens du même âge peuvent présenter des portraits complètement différents.
L'un peut encore marcher plusieurs kilomètres, conserver une bonne masse musculaire et être extrêmement engagé dans son environnement.
L'autre peut présenter de l'embonpoint, avoir perdu beaucoup de muscles et avoir progressivement diminué ses activités.
Sur leur dossier médical, ils ont peut-être tous les deux 11 ans.
Biologiquement et fonctionnellement, leur vieillissement peut pourtant être très différent.
L'âge inscrit sur son dossier ne raconte donc pas toute l'histoire
C'est là qu'une distinction particulièrement intéressante apparaît : l'âge chronologique et l'âge biologique.
L'âge chronologique est facile à calculer.
Ton animal est né il y a dix ans? Il a dix ans.
L'âge biologique est beaucoup plus complexe.
Il cherche plutôt à comprendre comment l'organisme vieillit réellement.
Les chercheurs s'intéressent aujourd'hui à différents changements associés au vieillissement : inflammation chronique de faible intensité, fonction mitochondriale, modifications immunitaires, perte musculaire, cognition et même certaines modifications épigénétiques. 🔬
Nous ne sommes évidemment pas rendus au point où chaque chien et chaque chat reçoit un « âge biologique » précis pendant son examen annuel.
Mais cette façon de réfléchir change quelque chose d'essentiel.
Elle nous rappelle que le vieillissement est influencé par beaucoup plus que le passage du temps.
Une partie du vieillissement se construit dans le quotidien
La génétique joue évidemment un rôle.
La race aussi.
Certaines maladies apparaîtront malgré tous les efforts du monde.
Mais le mode de vie fait lui aussi partie de l'équation.
Une importante revue scientifique publiée en 2025 s'est justement intéressée aux facteurs associés au vieillissement en santé chez les chiens et les chats.
Et lorsqu'on regarde les domaines étudiés, quelque chose devient évident.
Ce ne sont pas nécessairement des interventions extraordinaires.
Ce sont souvent les mêmes piliers qui reviennent :
l'alimentation;
le maintien d'un poids approprié;
l'activité physique;
la masse musculaire;
la santé intestinale;
le sommeil;
le stress;
les interactions sociales;
l'environnement;
et les soins vétérinaires préventifs.
Autrement dit, une partie de la façon dont un animal vieillira peut être influencée par ce qui se répète… tous les jours pendant des années.
Le poids d'aujourd'hui peut influencer la mobilité de demain
Prenons simplement le poids.
Quelques kilos supplémentaires peuvent sembler relativement anodins lorsqu'un chien est jeune et actif.
Mais le tissu adipeux n'est pas simplement une réserve passive d'énergie.
Il participe également à différents mécanismes hormonaux et inflammatoires. ⚖️
Avec le temps, l'excès de poids peut aussi augmenter les contraintes exercées sur les articulations.
L'animal devient moins confortable.
Il bouge moins.
En bougeant moins, il peut perdre progressivement de la masse musculaire.
Et moins il possède de muscles, plus certains mouvements deviennent difficiles.
On comprend alors pourquoi la prévention devient tellement intéressante.
On ne travaille plus seulement à faire perdre du poids à un chien de 12 ans qui éprouve déjà des difficultés à se lever.
On cherche à préserver une bonne condition corporelle et une bonne masse musculaire bien avant d'en arriver là.
Les muscles sont une réserve de santé
On parle énormément du poids de nos animaux.
Beaucoup moins de leurs muscles.
Pourtant, avec l'âge, la préservation de la masse musculaire devient particulièrement importante.
La perte progressive de muscle associée au vieillissement porte un nom : la sarcopénie.
Et elle peut passer relativement inaperçue.
Un animal peut même conserver un poids similaire sur la balance tout en perdant du muscle et en gagnant proportionnellement davantage de graisse.
Voilà pourquoi le chiffre affiché sur une balance ne raconte pas toute l'histoire.
Lors des suivis vétérinaires, l'évaluation de la condition corporelle, mais aussi de la condition musculaire, devient particulièrement intéressante chez les animaux vieillissants.
Parce que préserver les muscles, c'est aussi préserver une partie de leur capacité à continuer à bouger.
Il ne faut pas attendre qu'il soit « vieux »
C'est probablement le changement de perspective que je trouve le plus important.
La médecine du vieillissement ne devrait pas commencer lorsque l'animal est déjà très âgé.
Parce qu'à ce moment-là, plusieurs changements sont parfois installés depuis longtemps.
Un chien ne perd généralement pas une quantité importante de muscles en une nuit.
Un chat ne devient pas obèse en une semaine.
La mobilité ne diminue pas toujours brutalement.
La cognition ne change pas nécessairement du jour au lendemain.
Ces transformations peuvent être progressives.
Tellement progressives qu'on finit parfois par les considérer comme normales.
« Il ralentit parce qu'il vieillit. »
« Elle dort beaucoup parce qu'elle est vieille. »
« Il ne monte plus les escaliers, mais à son âge, c'est normal. »
Peut-être.
Mais peut-être aussi qu'il a mal.
Peut-être qu'il a perdu de la masse musculaire.
Peut-être qu'une maladie commence à se développer.
C'est précisément pour cette raison que les suivis préventifs deviennent particulièrement importants avant et pendant les années seniors. 🩺
La longévité ne se trouve probablement pas dans une pilule miracle
La recherche sur le vieillissement explore actuellement des pistes fascinantes.
Biomarqueurs.
Épigénétique.
Fonction mitochondriale.
Nouvelles molécules.
Interventions nutritionnelles.
Médecine personnalisée.
Et il est fort possible que notre façon d'accompagner les animaux vieillissants évolue énormément dans les prochaines années.
Mais pendant que la science cherche comment intervenir sur les mécanismes mêmes du vieillissement, nous possédons déjà plusieurs leviers beaucoup moins futuristes.
Maintenir un poids approprié.
Préserver les muscles.
Faire bouger son animal selon ses capacités.
Adapter son alimentation à ses besoins.
Surveiller les changements de comportement.
Prendre soin de son environnement.
Et ne pas attendre qu'une maladie soit avancée avant de consulter.
Ce ne sont pas des promesses d'immortalité.
Ce sont simplement des façons de donner à l'organisme de meilleures conditions pour traverser les années.
Je ne veux pas seulement que nos animaux vivent plus vieux
Je veux qu'un chien de 12 ans puisse encore avoir envie de sortir lorsque sa laisse apparaît.
Qu'un chat âgé puisse continuer à rejoindre confortablement son endroit préféré.
Qu'ils puissent conserver leurs muscles, leur mobilité, leur curiosité et leurs interactions le plus longtemps possible.
Évidemment, nous ne contrôlerons jamais tout.
La génétique existe.
Les accidents existent.
Les maladies existent.
Mais entre « tout contrôler » et « ne rien pouvoir faire », il existe énormément d'espace pour la prévention.
Et c'est probablement là que se trouve l'une des évolutions les plus intéressantes de la médecine vétérinaire moderne :
ne plus simplement demander comment faire vivre nos animaux plus longtemps, mais comment les aider à rester en santé pendant une plus grande partie de leur vie. 🍃
À bientôt,
Dre Eliane Marquis
Médecine vétérinaire intégrative & fonctionnelle
Référence scientifique
Oh WS, Armstrong PJ, Han HJ. Lifestyle factors affecting aging and healthspan in dogs and cats. Journal of Veterinary Science, 2025. Consulter l’étude
Le contenu présenté ne constitue pas un avis vétérinaire et ne remplace pas une consultation adaptée à la situation particulière d’un animal.
Bilan Santé
Identifie certains facteurs de risque nutritionnels et environnementaux chez ton animal, en quelques minutes.